© Joël Saget AFPAprès 12 ans de procédure et 7 semaines de procès, le tribunal correctionnel de Paris a rendu mercredi après-midi son jugement dans l'affaire des HLM de Paris : 37 des 49 entrepreneurs et hommes d'affaires mis en cause dans ce système de corruption quand Jacques Chirac était maire de la capitale ont été condamnés à des peines de prison avec sursis et des amendes.
Principal prévenu et proche de Jacques Chirac, l'ancien directeur général de l'OPAC, Georges Perol a été condamné à deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende. Son ancien adjoint François Ciolina à six mois avec sursis pour leur participation à des détournements de fonds publics lors de l'attribution de marchés de BTP par cet office HLM de Paris.
11 prévenus relaxés
Autre ami du chef de l'Etat, le chef d'entreprise Francis Poullain, accusé d'avoir versé des commissions à des "consultants" pour décrocher des marchés auprès de l'OPAC, a été condamné à 18 mois avec sursis et 40.000 euros d'amende.
Le jugement concerne un total de 49 prévenus --responsables d'entreprises du BTP, consultants ou anciens membres de l'OPAC, impliqués dans cette vaste affaire de détournements de fonds durant les années 1987-93. Les autres peines vont de deux mois à deux ans avec sursis et elles sont assorties d'amendes allant de 3.000 à 60.000 euros. Onze prévenus ont été relaxés et le tribunal a prononcé une dispense de peine.
Première affaire visant Chirac
Le parquet de Paris avait requis 41 peines de prison avec sursis, allant de à dix mois à quatre ans, assorties d'amende allant de 10.000 à 100.000 euros, ainsi que sept relaxes et une dispense de peine.
Les deux mois et demi d'audience du tribunal correctionnel de Paris avaient démonté, à partir de fausses factures, un système complexe de pots de vin versés par des entreprises du bâtiment pour obtenir des marchés publics auprès de l'OPAC. Mais l'accusation n'avait pas pu prouver que ces millions d'euros auraient servi à alimenter une caisse noire du RPR, devenu depuis l'UMP. La procédure ouverte en 1994 a été la première et la plus retentissante des "affaires" visant Jacques Chirac.
(Georges Pérol, à droite, s'entretient avec son avocat/AFP Joël Saget)
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