© AFP / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN Jean-Louis Turquin sortira de prison le 18 juillet. Le tribunal d'application des peines (TAP) de Bastia a décidé de répondre favorablement, mardi matin, à sa demande de libération conditionnelle. "C'est une grande satisfaction car le parquet était opposé à cette libération conditionnelle. Jean-Louis Turquin va pouvoir reconstruire sa vie", a aussitôt déclaré sur LCI.fr son avocat, maître Olivier Morice. Victoire d'autant plus grande que le parquet a annoncé peu de temps après qu'il ne ferait pas appel de cette décision.
L'ancien vétérinaire niçois, condamné en 1997 à 20 ans de prison pour l'assassinat de son fils de 8 ans, Charles-Edouard, était détenu au centre de détention de Casabianca, en Haute-Corse. Il a déjà effectué 10 ans et 16 jours de détention. Il lui restait à purger 4 ans 9 mois et 16 jours. Mais le 28 mars dernier, le président du TAP avait déjà, à la surprise générale, décidé d'écourter la période de sûreté de dix ans de Jean-Louis Turquin, ouvrant la voie à une demande de libération conditionnelle.
Un comportement exemplaire
"Je crois que le tribunal a été très sensible au comportement de mon client pendant sa détention, argumente-t-il. Bien qu'il clamait son innocence, il a toujours fait preuve de respect envers le personnel pénitentiaire et, autre élément déterminant, ses gages de réinsertion sociale sont extrêmement sérieux".
L'ancien vétérinaire niçois a en effet obtenu sa réinscription à l'ordre des vétérinaires. Un nouveau travail l'attend à la SPA à Salon-de-Provence. Et il va pouvoir retrouver Nadine, la femme qu'il a épousée en juin 2000, alors qu'il était déjà en prison.
Poursuite du combat judiciaire
Libre, Jean-Louis Turquin n'en reste pas moins coupable. C'est pourquoi il n'entend pas cesser le combat judiciaire. "Il veut faire reconnaître son innocence et il veut savoir où se trouve le corps de son fils", a déclaré son avocat. Un certain nombre d'actes sont actuellement à l'étude. Un recours a notamment été déposé devant la Cour européenne de justice car mon client, condamné en 1997, n'a pu bénéficier d'un second procès. Et puis, malgré déjà deux échecs, il souhaite obtenir la révision de son procès".
Sa meilleure piste est Paul Buchheit, actuellement détenu à Toul où il purge une peine de 20 ans de prison. Ce dernier affirme qu'un codétenu lui aurait fait des confidences sur la mort du petit Charles-Edouard. L'enfant pourrait être mort accidentellement lors d'une tentative de cambriolage. Problème : Buchheit a dit qu'il ne donnerait le nom de son informateur qu'une fois "libre", par peur des représailles, et le 15 juin dernier, la Cour d'appel de Colmar a décidé de le maintenir en prison. "Si Buchheit ne sort pas, Turquin examinera par tous les autres moyens toutes les pistes envisageables actuellement : la fuite, l'enlèvement et le crime commis par quelqu'un d'autre..." , prévient son avocat.
Photo : Jean-Louis Turquin, décembre 2004 (AFP/JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN)
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