Jugement fin septembre pour les "Français de Guantanamo"

le 12 juillet 2006 à 16h47 , mis à jour le 12 juillet 2006 à 17h08

Les avocats des ex-détenus français de Guantanamo ont transformé mercredi leurs plaidoiries en réquisitoires contre la base américaine à Cuba et accusé la France de complaisance. Certains parlent de "crime monumental", d'autres de "procédure illégale". Tous demandent la relaxe de leur client.

TF1/LCI : Français de Guantanamo : l'arrivée au tribunal de l'un des prévenus, Nizar SassiFrançais de Guantanamo : l'arrivée au tribunal de l'un des prévenus, Nizar Sassi © DR

Dernier jour ce mercredi du procès des ex-détenus français de Guantanamo, jugés à Paris depuis 10 jours. Les avocats ont dénoncé les méthodes de détention américaines dans la base de Cuba et reproché aux autorités françaises d'avoir, à l'inverse de plusieurs autres pays, incarcéré les six prévenus à leur descente d'avion.

Au lendemain de réquisitoires cléments, Me Félix de Bellay, défenseur d'Imad Achhab Kanouni, a déclaré: en "droit français, Guantanamo est criminel." "Séquestration de plus de sept jours plus tortures: pour le code pénal français, c'est passible de la réclusion à perpétuité ! Les prévenus qui comparaissent devant vous ont été les victimes d'un crime monumental". "La tare fondamentale de cette procédure, c'est que les choses ont été inversées: on avait des auteurs, libérés par les Américains, on est allé chercher des infractions. C'est un tête-à-queue judiciaire !"

"Interrogés les fers aux pieds"

Protestant contre l'interrogatoire, à Guantanamo même, de son client par des policiers de la DST en mission, Me Dominique Many, avocat de Redouane Khalid, a affirmé qu'il s'agissait "d'une procédure qui est tout sauf légale". "Ils ont été interrogés les fers aux pieds et aux poignets, chaînes passées dans un anneau au sol, encadrés par des GI's ! Pas de problème ? " L'ex-bâtonnier du barreau de Paris, Me Paul-Albert Iweins, qui s'est commis d'office pour la défense de Redouane Khalid, dénonce : "tandis que la France protestait officiellement des violations des droits de l'Homme commises à Guantanamo, elle envoyait des policiers interroger les victimes de ces violations !"

Comme leurs confrères la veille, tous les défenseurs ont réclamé des trois juges du tribunal correctionnel qu'ils relaxent les prévenus, poursuivis pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". Le jugement a été mis en délibéré jusqu'au 27 septembre.

D'après AFP

Image LCI. L'arrivée au tribunal de Nizar Sassi, l'un des prévenus.

le 12 juillet 2006 à 16:47
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