Floyd Landis lors de sa conférence de presse, démentant tout dopage © DRGravement mis en cause, il risque son titre de vainqueur du Tour de France - et pourrait être le premier à le perdre dans l'histoire de la Grande Boucle. Alors que le monde du cyclisme l'accable, Floyd Landis nie en bloc : il ne s'est pas dopé. Et il s'est expliqué pour la première fois vendredi en public. Sa conférence de presse a eu lieu à l'hôtel madrilène Miguel Angel, en présence de son avocat José Maria Buxeda, également défenseur de l'Espagnol Roberto Heras, contrôlé positif à l'EPO sur la Vuelta 2005.
Dopage : Lance Armstrong rejette les accusations de Landis
L'Américain, sextuple vainqueur du Tour de France a rejeté jeudi les accusations de son compatriote. L'Union cycliste internationale (UCI) a elle aussi balayé jeudi soir les accusations de l'ancien coureur américain.
Publié le 20/05/2010
Landis avoue tout et mouille Armstrong
L'ancien coureur cycliste, dont la victoire sur le Tour 2006 avait été annulée après un contrôle positif à la testostérone, a avoué jeudi s'être dopé durant l'essentiel de sa carrière.
Publié le 20/05/2010
"Depuis que j'ai commencé le cyclisme, a expliqué le coureur, visiblement tendu, lors d'une déclaration liminaire lue devant les journalistes, mes niveaux de testotérone et d'épitestostérone ont toujours été élevés, comme tous les sportifs. J'ai des niveaux encore plus élevés que la moyenne des sportifs. Je voudrais dire très clairement que je ne suis pas dopé - et dans ce cas très précis, personne ne peut parler de cas de dopage."
Après cette dénégation, le coureur s'est adressé directement aux médias, demandant à ne pas être jugé avant d'avoir pu prouver son innocence. "Je demande en premier lieu que mon cas ne soit pas traité comme un cas de dopage. Deuxièmement, comme d'autres sportifs l'ont fait, je vais procéder à tous les tests nécessaires pour prouver que mon niveau de testostérone est naturel et produit par mon propre corps. Troisièmement, jusqu'à ce que nous obtenions les résultats, je demande à ne pas être jugé, ni surtout condamné par quiconque. Par conséquent, je déclare de manière catégorique que ma victoire au Tour de France est exclusivement le résultat d'années d'entraînement et de sacrifices, et le résultat de mon rêve de gagner le Tour. Je compte continuer à courir et à suivre le programme que je m'étais fixé."
"Je suis fier du jour où j'ai gagné"
Pour la suite de la conférence de presse, lors des questions des journalistes, Floyd Landis a préféré souvent laisser la parole à son avocat. Notamment pour expliquer ce que serait son attitude en cas de contre-expertise de nouveau positive. "Nous sommes sûrs que ce nouveau résultat va confirmer le premier, a indiqué Roberto Heras. Mais le paramètre mis en évidence par ce contrôle est quelque chose de naturel, de normal." L'avocat a par ailleurs estimé qu'il y avait "des tas de problèmes et d'erreurs" liés à la méthode de détection dite RMN (spectroscopie par résonance magnétique nucléaire) utilisée par le laboratoire de Châtenay-Malabry. Il a réclamé un examen endocrinologique approfondi du coureur qui pourrait prendre "de trois à six mois" et vise à prouver que Landis génère naturellement un taux élevé de testostérone.
Interrogé sur sa victoire éclatante à l'étape de Morzine, qui l'avait remis dans la course au maillot jaune après sa terrible défaillance de la veille, Landis s'est contenté de déclarer : "J'ai été aussi surpris que tout le monde". Tout en niant toujours farouchement tout dopage : "J'ai été testé six autres fois sur le Tour, quatorze fois sur d'autres courses : je n'ai pas d'explication pour ce contrôle positif". Mais sa victoire au Tour, il la revendique, il ne l'a pas volée : "Je suis fier du jour où j'ai gagné. J'ai été le plus fort au cours de la course ; je crois vraiment que j'ai mérité de gagner."
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Pas dopé... mais enivré ? |
Dans un entretien au magazine américain Sports Illustrated, Landis a invoqué comme explication possible "des problèmes de thyroïde" qui l'ont forcé à prendre quotidiennement depuis un an des "petites quantités d'hormone de thyroïde". Il a aussi admis s'être enivré la veille de l'étape de Morzine, dans un entretien rapporté vendredi par le Wall Street Journal (WSJ). "Selon plusieurs études, la consommation d'alcool peut accroître le ratio de testotérone et d'épitestostérone", a relevé le quotidien, ajoutant non sans humour qu'il est "peu probable que boire avant les courses soit désormais une stratégie des athlètes d'endurance". |
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