
Sabah Hamioui est finalement ressortie jeudi après-midi du commissariat d'Angers. Des larmes sur son visage. Et dans ses bras, son bébé de cinq mois, dont elle avait été séparée depuis son arrestation lundi à Cholet. Quelques instants plus tôt, le juge des libertés et de la détention d'Angers a décidé d'assigner la jeune femme à résidence pour 15 jours, le temps pour le tribunal administratif de Nantes de se prononcer sur le recours en annulation de la décision d'expulsion prise à son encontre par le préfet du Maine-et-Loire, Jean-Claude Vacher. L'audience est prévue demain à 14 heures.
L'avocate de la jeune mère, Me Anne-Pascale Lamy-Rabu, a indiqué à la presse qu'il s'agissait d'une "décision humaine", d'une "petite victoire", mais que "l'heure de vérité aura lieu demain à Nantes". "C'était très difficile sans mon bébé", a dit Sabah Hamioui à la sortie. Elle a cependant ajouté avoir "très, très peur de (se) retrouver au Maroc". "Je n'ai personne là-bas. Je veux vivre ici en France avec mon mari et je veux être régularisée", a-t-elle poursuivi. Jeudi matin, comme la veille, la maman avait pu allaiter quelques instants son nourrisson de cinq mois dans les locaux du commissariat.
En attendant que la justice tranche, le compagnon de Sabah ne comprend pas pourquoi l'administration veut "détruire" sa famille, pour laquelle "j'ai travaillé dur jour et nuit pendant plus de deux ans". "J'ai une carte de séjour de dix ans, un logement, un travail fixe, je suis en CDI. Il ne me manque rien. Je veux juste que ma femme et mon fils soient avec moi. Je ne veux pas être séparé d'eux". Mme Hamloui est arrivée en France en 1999 en situation régulière, avec un visa Schengen renouvelé jusqu'en 2002, avant de se retrouver en situation irrégulière. Elle s'est rendue le 13 juillet à la préfecture pour faire régulariser sa situation, mais l'arrêté de reconduite à la frontière avait été signé trois jours plus tôt.
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