
Ne plus perdre de temps. A l'instar d'un Lionel Jospin qui a accéléré il y a un mois sur TF1 son retour dans la course à l'investiture socialiste pour 2007, ses amis ont avancé à fin juillet la publication d'une tribune dans Le Monde prévue plutôt pour fin août. Les dix signataires de " Jospin candidat ! " n'ont jamais été ministres et sont quadragénaires. Manquent volontairement à l'appel les jospinistes historiques tels que Daniel Vaillant, Claude Allègre ou Bertrand Delanoë, histoire de ne pas faire apparaître l'ancien Premier ministre comme le candidat des anciens.
Face à une Ségolène Royal portée depuis des mois par l'opinion, les dix élus en appellent à un " véritable débat politique " pour choisir le candidat qui portera les couleurs socialistes l'an prochain, un débat qui "fait, selon eux, encore aujourd'hui largement défaut" car "seuls compteraient le renouvellement des visages à gauche et la brutalité des postures à droite". Sans nommer la présidente de Poitou-Charentes, ils affirment que " la percée de l'éventuelle candidate socialiste ne s'appuie pas sur une reconquête de l'électorat de gauche". Il ne s'agit pas "de choisir un candidat ou une candidate qui concourra parmi d'autres ou qui se placera le mieux sur le terrain de l'adversaire", une référence indirecte aux prises de position de Ségolène Royal sur la sécurité. A leurs yeux, le choix se pose en ces termes: "celui qui revalorisera la force de la politique ou celui qui consacrera son effacement".
Appel à "la lucidité"
Leur soutien à Lionel Jospin, ils le justifient par " sa stature incontestée d'homme d'Etat, son expérience reconnue des affaires nationales comme internationales et sa vision lucide de la crise que traverse notre pays et des défis auxquels il doit faire ". Sa candidature présente " les atouts de l'imagination pour remettre la France en ordre, mais aussi en mouvement, de l'expérience, pour redonner confiance aux Français dans un avenir commun, et de la crédibilité, pour rétablir une image positive de la France en Europe et dans le monde".
Dressant le constat d'une " droite qui demeure forte " malgré les succès électoraux de 2004 et la mobilisation contre le CPE, ces jospinistes demandent à leurs camarades de " bien réfléchir avant de faire le choix qui devra leur permettre de réussir le rendez-vous majeur de 2007 ". A peine voilé, cet appel à la " lucidité " contre une désignation de Ségolène Royal par les militants PS annonce donc un temps de " confrontation ", selon un proche de Lionel Jospin cité par Le Monde. L'ancien Premier ministre aura ainsi l'occasion d'intervenir dès le 21 août lors d'un colloque en Espagne consacré au dialogue entre l'Ouest et le monde arabe. Se placer d'emblée sur le terrain international, au lendemain de la rentrée politique de la députée des Deux-Sèvres lors de la Fête de la rose d'Arnaud Montebourg donne déjà une petite idée de la stratégie de Lionel Jospin.
Réplique par journaux interposés : dans Le Parisien de samedi, Gérard Collomb, sénateur et maire PS de Lyon, proche de Ségolène Royal, lance : "si Jospin veut y aller, qu'il le dise" et reproche à l'ancien Premier ministre socialiste de s'attaquer à un autre socialiste. "Il doit s'abstenir de cibler un aute socialiste".
(Photo : la tribune dans Le Monde)
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