
Un plan B devait être proposée mercredi par le rapporteur du projet de loi, Jean-Claude Lenoir (UMP) au projet de fusion entre EDF et GDF. Elle sera ainsi au centre de la réunion exceptionnelle du groupe UMP à l'Assemblée nationale, le matin, et à celle de la commission des Affaires économiques, l'après-midi. Selon des sources parlementaires, ce nouveau schéma serait à l'étude "à tous les niveaux de l'Etat". Seules les activités du secteur concurrentiel de GDF, comme les contrats d'approvisionnement ou la gestion du fichier clientèle seraient "filialisées" en vue d'une fusion avec celles de Suez. Les activités de transport, de distribution et de stockage de l'énergie de GDF resteraient alors dans le giron de l'Etat et la "majeure partie des agents GDF sous statut serait maintenue dans le secteur public", a-t-on commenté de mêmes sources.
Si cette solution était retenue, il s'agirait d'une remise en cause de la fusion telle qu'imaginée par le gouvernement et les deux entreprises. Car le projet gouvernemental doit permettre à l'Etat d'abaisser sa participation dans le groupe gazier à 34%, après que le Parlement a voté en 2004 une loi fixant à au moins 70% cette part. Les députés UMP, contactés par l'AFP mardi soir, étaient partagés sur cette solution et attendaient d'en savoir plus. Dominique Paillé (sarkozyste) se montrait "intéressé", tandis que des villepinistes étaient circonspects et doutaient de la crédibilité de la nouvelle solution.
Réticences de nombreux députés UMP
Le rapporteur UMP au Sénat du projet de loi, Ladislas Poniatowski (sarkozyste), favorable à la fusion, a jugé que cette solution "méritait d'être étudiée" et pourrait permettre "de rassurer ceux qui étaient inquiets voire d'entraîner les réticents". Depuis le début, cette fusion suscite les interrogations et les réticences de nombre de députés et sénateurs UMP. D'abord parce qu'il est difficile pour eux de voter une réduction de la participation de l'Etat dans le capital de GDF à hauteur de 34%, et donc une privatisation du groupe gazier, deux ans seulement après la loi de 2004. En outre, le 21 décembre 2004, devant la commission des Affaires économiques, le pdg de GDF, Jean-François Cirelli, avait expliqué que la "recherche de partenaires" se ferait "dans le respect" de cette loi. Les élus reprochent par ailleurs au gouvernement une communication oscillante sur ce dossier. Après avoir stigmatisé la nécessité de protéger Suez contre une possible OPA inamicale de l'italien Enel, il insiste depuis sur celle de développer GDF.
Enfin, nombre de parlementaires s'inquiètent de l'indépendance énergétique, au regard de la flambée récente des prix. La semaine dernière, les auditions des pdg de Suez Gérard Mestrallet et de M. Cirelli n'ont pas levé toutes les inquiétudes des députés UMP. Pour sa part, la gauche a l'intention de donner du fil à retordre au gouvernement, avec 30.000 déjà déposés par le PS. "Nous utiliserons tous les moyens à notre disposition et nos amendements ne seront pas bidons", a affirmé à l'AFP le chef de file des députés PS Jean-Marc Ayrault qui voit dans cette solution alternative la "preuve" que le gouvernement est "très inquiet".
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