© AFP/Jack GuezTitulaire d'un CAP de peinture et inscrit en BEP dans un lycée, Abdallah Boujraf, 19 ans, originaire du Maroc, est célibataire et vivait depuis cinq ans en France où il avait rejoint son père.
Il a été reconduit vendredi dans son pays. Il est donc le premier clandestin scolarisé expulsé depuis les vacances, car il ne rentre pas dans les conditions énumérées dans la circulaire de Sarkozy du 13 juin.
Celle-ci prévoit en effet que les enfants -et leurs familles- seront régularisables "au cas par cas" s'ils sont scolarisés et nés en France et s'ils ne parlent pas la langue de leur pays d'origine avec lequel il ne doivent pas avoir de lien direct. Abdallah Boujraf avait fait une demande de titre de séjour en 2005, qui lui avait été refusée, même si son père possède une carte de résident et vit en France depuis 26 ans. .
Interpellation après une agression
Abdallah Boujraf a été interpellé dans le Xe arrondissement de Paris, puis placé en garde à vue le 30 juin, soupçonné d'avoir agressé un sans domicile fixe. Son arrêté préfectoral de reconduite à la frontière "a été validé par les magistrats" et lui a été signifié peu après ces faits, avant qu'il ne soit placé au centre de rétention des étrangers de Vincennes.
Sarkozy "tente de se rattraper" autrement
Malgré cette interpellation pour agression, il "ne troublait pas l'ordre public" et était "parfaitement intégré dans son établissement scolaire et parmi les jeunes de son quartier dans le XXe arrondissement de Paris", selon Jean-Luc Mélenchon, sénateur socialiste de l'Essonne.
Le Réseau Education Sans Frontière (RESF), estime de son côté que "le ministre de l'Intérieur, empêché de pratiquer la chasse à l'enfant promise pour cet été, est tenté de se rattraper en multipliant les expulsions de célibataires, y compris les jeunes majeurs scolarisés". Dénonçant le "tri des familles selon des critères restrictifs et à géométrie variable", le Mrap demande la "régularisation globale d'urgence de tous les parents d'enfants scolarisés et des célibataires présents en France".
Un jeune Albanais reste
En revanche, c'est le scénario inverse pour Erion Gjoni. Le tribunal administratif de Bordeaux a annulé vendredi l'arrêté de reconduite à la frontière pris à l'encontre du jeune Albanais sans-papiers, âgé de 20 ans. Il est "parrainé" depuis le 29 juin par l'une de ses enseignantes et un élu Vert de la mairie de Bègles, en Gironde.
Réagissant à l'expulsion du jeune marocain, le ministre de l'Education Gilles de Robien a souligné sur France Inter qu'il s'agissait d'un adulte. Et d'assurer qu'il n'y aurait "pas d'enfants sortis de classe pour être expulsés".
Villepin dénonce toute polémique |
"Rien ne sert de s'envoyer des chiffres". Lors d'une visite à Saint-Sorlin de Conac, Dominique de Villepin a dénoncé vendredi "toute forme de polémique" sur le dossier "difficile" des sans-papiers. Le Premier ministre a estimé qu'il fallait "une évaluation réelle et sérieuse" avant de parler "d'objectifs chiffrés" de régularisation (AFP). |
(Photo AFP/Jack Guez. Marche le 1er juillet à Paris en soutien aux sans-papiers menacés d'expulsion)
Retour MYTF1
Chargement en cours...





