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- Patrick Vieira : du pilori au piédestal
"Y a-t-il un problème Vieira ? Sans être particulièrement acide avec lui, il n'est pas exagéré de dire que ça fait un bon bout de temps que Patrick Vieira n'a pas été vu sous un bon jour avec le maillot de l'équipe de France sur les épaules", écrit La voix des sports, supplément de La voix du nord.
Après des performances en deçà de ses capacités lors des matches de préparation, Patrick Vieira est la cible des critiques. Avant même le début de la compétition, Raymond Domenech vole au secours de son vice capitaine. "J'ai appris qu'il y avait un procès intenté à Vieira... Je maintiens que Patrick va être un des joueurs forts de ce Mondial", déclarait-il le 10 juin face à des journalistes sceptiques, trois jours avant l'entrée en lice de la France.
Après deux matches poussifs face à la Suisse et la Corée, Patrick Vieira sauve et qualifie la France face au Togo. Il est solide face à l'Espagne, impérial face au Brésil. Raymond Domenech avait donc raison. "Ouf, Patrick Vieira est de retour", se réjouit Le Monde du 25 juin alors que Le Figaro salue "La résurrection de Vieira" face aux coéquipiers de Raul.
- Zidane : l'âge du capitaine, une faiblesse qui devient une force
Autre cadre, autre critique. Pour Le Figaro, "Zidane fait son âge", au lendemain du match face à la Corée, le 20 juin. "Huit ans plus tard, il n'est plus le même. Les trentenaires ont du mal à suivre la cadence, comme le symbolise le cas Zidane", renchérit le quotidien.
Le polémique atteint son paroxysme après la victoire face au Togo, à laquelle n'a pas participé Zidane. Libération met en avant certaines réflexions de cadres de l'équipe, pour faire enfler la polémique : "plus a l'aise sans leur numéro 10, certains joueurs s'interrogent", avance le quotidien. La question sacrilège se pose : faut-il reléguer Zidane sur le banc? Pour Domenech, pas de doute : "quand on peut aligner un joueur de ce niveau, c'est toujours un avantage".
Mais comme il s'agit de "Zizou", la presse est partagée : "Zidane peut-il être le sauveur ?" s'interroge prudent Le Parisien, à la veille de la rencontre face à l'Espagne. Zinedine, lui, attend son heure et fait le parallèle avec la première victoire en Coupe du monde : "il y a eu des critiques injustes qui me rappellent la période avant la Coupe du monde 98. J'espère que la fin nous donnera raison", déclare-t-il dans Le Monde du 26 juin.
La victoire 3 à 1 face à l'Espagne fait taire toute les critiques. Par la suite, le maître à jouer des Bleus éclabousse le quart de finale face au Brésil de toute sa classe. La presse est dithyrambique : "Zidane est le dernier galactique" pour Le Monde. "Zidane a mené un match d'anthologie" poursuit le journal. Le capitaine des Bleus se satisfait de cette victoire, mais voit déjà plus haut : "il fallait faire un match énorme on l'a fait. Nous allons essayer d'aller chercher cette place en finale". L'humilité en avant, toujours.
- Domenech : le sélectionneur honni en passe de réussir son pari
Quelques jours avant le début du Mondial, les critiques pleuvent. Le choix contesté de Barthez, les non sélections de Giuly et Micoud, la presse nationale remet en cause l'équipe bancale de Raymond Domenech. Et l'ambiance au sein du groupe ne serait pas au beau fixe. Domenech, lui se montre pourtant confiant : "Il y a toujours un décalage entre ce que les journalistes peuvent voir de l'extérieur et ce qu'il se passe effectivement au sein du groupe", déclarait-il le 30 mai en conférence de presse. "Je ne veux pas rentrer dans cette polémique, je considère que c'est comme ça et que l'on ne peut rien y faire. Pourtant j'aimerais que l'on soutienne cette équipe de France car elle peut aller loin."
Illustration le soir de France-Corée, qui semble donner raison à la presse. L'image a fait le tour du monde : Zidane, sorti quelques minutes avant la fin du match, évite le regard de son sélectionneur, et jette son brassard dans un geste de dépit. "Domenech exaspère Zidane" note Le Parisien le lendemain. L'ambiance a l'air mauvaise, et les choix de Raymond Domenech seraient contestés par ses propres joueurs. Le quotidien francilien enfonce le clou dans ses pages intérieures : "Zidane-Domenech, ça ne pouvait pas marcher". Depuis, la France est en finale, et si le duo ne gardera pas peut être pas un contact étroit au delà de la compétition, sur le terrain, le résultat tend à prouver que "ça" peut marcher.
Et c'est peut être Libération et Le Nouvel Obs qui offrent le regard le plus séduisant sur Domenech. A l'orée du Mondial, les deux publications se sont intéressées à l'homme, et non au sélectionneur, vilipendé dans la plupart des colonnes des quotidiens. "Pas cet autocrate que les Français méconnaissent", soutient l'hebdomadaire. "Domenech est relax, détendu et sans méfiance, loin du type hautain et provocant" écrit Gégory Schneider, qui nous fait découvrir un Domenech humain, intelligent et sage dans le cahier spécial Mondial de Libération.
Peut être est-ce ça, la véritable force de l'équipe de France, un jardin secret, que le groupe cultive, à l'abri du regard des médias, pour un destin commun que tous auront forgé, victoire après victoire. Car aussi dure ou laborieuse soit-elle, seule la victoire compte, et Raymond Domenech le sait. Les médias aussi.
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