
Nicolas Sarkozy a fait de la reconnaissance du droit des victimes un combat de longue date. Dans cette logique, le ministre de l'Intérieur a souhaité lundi la création d'un "juge pour les victimes". Pour qu'elles soient "mieux considérées dans la procédure judiciaire, je demande la création d'un juge pour les victimes", a-t-il annoncé à l'occasion de la 6e rencontre avec les victimes et leurs associations, au Centre national de formation de la police nationale de Gif-sur-Yvette. "Vous êtes la priorité de notre politique", a lancé le ministre de l'Intérieur aux représentants de ces associations, en jugeant que les victimes, après leur "drame", avaient "le sentiment que tout le monde s'(en) moque et que, de surcroît, elles gênent ".
Ce juge dédié aux victimes serait "chargé de veiller à la pleine et entière exécution de la condamnation, de suivre la victime, l'assister dans son processus de reconstruction, voire parfois de réinsertion dans une vie normale", a expliqué Nicolas Sarkozy.
Une prescription plus longue pour la plupart des crimes
Par ailleurs, le président de l'UMP s'est également dit hostile, en la jugeant trop courte, à la prescription de dix ans en vigueur pour la plupart des crimes. "Je ne suis pas pour la prescription des crimes par dix ans, elle est beaucoup trop rapide, alors que certains délits financiers sont devenus imprescriptibles", a-t-il relevé. "Il ne s'agit pas de rendre tous les crimes imprescriptibles, comme le sont ceux contre l'humanité, mais d'en allonger la durée en la faisant passer à 20 ans par exemple".
Le ministre a annoncé son intention d'entreprendre une démarche en ce sens, en s'appuyant sur "les progrès de la science, notamment grâce à l'ADN" qui rend possible la confusion d'un criminel longtemps après les faits, a-t-il précisé. Il a également réitéré sa volonté de voir se mettre en place "un mécanisme de peines minimales en cas de récidive", ainsi que de supprimer "l'excuse systématique de minorité" dans les mêmes conditions. Ainsi, "le Syndicat de la magistrature pourra protester", a-t-il ironisé, avant de s'en prendre "à ceux qui se préoccupent des droits de l'Homme pour les délinquants et qui oublient les (mêmes) droits pour les victimes".
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