Sursis requis au procès des anti-ours

le 20 juillet 2006 à 20h33 , mis à jour le 20 juillet 2006 à 21h38

Quatre mois de prison avec sursis et 80 euros d'amende : c'est la peine la plus lourde qui a été requise jeudi au procès de dix éleveurs jugés pour des dégradations lors d'une manifestation anti-ours. Plusieurs centaines de personnes, dont l'élu UDF Jean Lassalle, étaient venues manifester leur soutien aux accusés.

TF1/LCI : Les "anti-ours" venus manifester leur soutien aux éleveurs jugés par le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens Les "anti-ours" venus manifester leur soutien aux éleveurs jugés par le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens © DR

Plusieurs centaines de Pyrénéens se sont rassemblés jeudi afin d'apporter leur soutien à dix éleveurs jugés par le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens pour des dégradations lors d'une manifestation contre la réintroduction de l'ours. Neuf hommes et une femme étaient jugés pour "dégradations de biens publics" sur la mairie et l'école. Deux d'entre eux étaient également poursuivis pour "dégradations de biens privés" et cinq autres pour "agression sur une personne" lors d'une manifestation le 1er avril à Arbas, une des communes pyrénéennes volontaires pour accueillir les cinq ours slovènes.

Le procureur Dominique Alzeari a requis quatre mois de prison avec sursis et 80 euros d'amende contre un éleveur, trois mois de sursis contre cinq autres, dont trois personnes d'une même famille, ainsi que deux mois de prison avec sursis et des travaux d'intérêt général pour un autre prévenu. Il a réclamé pour trois autres agriculteurs l'exécution d'un stage citoyen et a demandé pour l'ensemble des prévenus l'interdiction de manifester dans des lieux à définir par le tribunal. Les deux avocats de la défense ont pour leur part demandé la dispense de peine. Le jugement a été mis en délibéré au 7 septembre.

"Je ne regrette rien"

A l'audience, les prévenus, qui ont reconnu ces dégradations et non l'agression, ont estimé qu'"il ne faut pas assimiler la violence et notre geste qui est un symbole". "On m'accuse d'avoir tagué, je ne regrette rien. Le jour où des randonneurs seront attaqués par un ours, j'aurai la conscience tranquille", a déclaré une agricultrice, qui propose des randonnées avec des ânes. Quinze militants tirés au sort parmi les centaines de personnes venues les soutenir (600 selon la police, 1000 selon les organisateurs) ont été autorisés à assister à l'audience. Ils ont estimé qu'eux aussi pouvaient être considérés comme prévenus pour avoir également participé avec 200 à 300 autres personnes à la manifestation d'Arbas.

Pour le député UDF des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle, venu soutenir les éleveurs, "cela fait plusieurs siècles que l'Etat ne s'est pas comporté avec une région de France d'une manière aussi sauvage, aussi brutale qu'elle vient de le faire avec les Pyrénées. Je regrette simplement que Mme Olin ne soit pas au rang des accusés parce qu'elle est une des principales coupables. L'histoire le montrera et il faudra bien qu'un jour l'Etat français s'excuse à l'égard des Pyrénées pour cette très mauvaise action".

Photo d'ouverture : Les "anti-ours" venus manifester leur soutien aux éleveurs jugés par le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens - DR

le 20 juillet 2006 à 20:33
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

1 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Pierre, le 21/07/2006 à 00h39

    Les peines de ces brutes avinées doivent etre exemplaires !!! On ne doit pas pouvoir saccager les symboles de la République dans notre pays.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience