Lionel Jospin à son arrivée à l'université d'été du PS à La Rochelle © DRIl reste un mois aux présidentiables du PS pour pousser leur avantage, avant le dépôt de leur candidature dans la bataille de désignation du champion socialiste pour 2007. A l'université d'été de La Rochelle, chacun a cherché à prendre le meilleur départ pour cette dernière ligne droite. Au terme de trois jours de rivalités feutrées mais très médiatisées, il semble n'y avoir ni vainqueur, ni vaincu. La décantation n'a pas eu lieu. Au contraire, deux nouveaux acteurs ont fait leur entrée dans la partie : Lionel Jospin et François Hollande. Revue des forces en présence avant un mois de septembre crucial.
Ségolène Royal
Après des mois de cavalier seul plutôt tranquille dans l'opinion, la présidente de Poitou-Charentes a du faire face aux premières attaques de ses adversaires : manque de convictions, stratégie d'image et surtout refus de se soumettre aux questions des jeunes militants socialistes... Forte de sa popularité toujours aussi flatteuse, elle a choisi d'ignorer les critiques pour s'adresser uniquement à l'opinion. Va-t-elle pouvoir tenir encore longtemps cette stratégie d'évitement dénoncée par ses rivaux et par certains adhérents du PS ? Les prochains sondages devraient être déterminants. Si Ségolène Royal reste au sommet, les militants opteront probablement pour l'efficacité et désigneront l'arme anti- Sarkozy. Si en revanche, sa cote vient à fléchir, le débat sur sa crédibilité de candidate gagnera le parti et l'obligera à se justifier lors de querelles internes délicates. Le front anti-Royal pourrait alors l'emporter.
Lionel Jospin
L'ancien Premier ministre a fait ce que ses amis attendaient depuis quatre ans : s'expliquer avec franchise sur son retrait le 21 avril 2002 pour retrouver la confiance de son parti. Franchir cette étape était une condition nécessaire à son retour dans la course présidentielle. Mais tardive, elle est loin d'être suffisante. Il a su émouvoir les militants mais n'a pas exprimé de réel désir d'être candidat. Il a plus parlé du passé que de l'avenir, du parti socialiste que d'un projet pour les Français.
Lionel Jospin ne peut se permettre d'être battu lors du vote des adhérents : il entend donc être un " candidat de recours ". Mais ce n'est pas lui qui tient les cartes de ce recours : DSK et Jack Lang ont-il l'intention de se retirer en sa faveur ? Rien ne le montre. Autre obstacle sur sa route, François Hollande qui lui dispute désormais la carte du candidat de rassemblement.
Dominique Strauss-Kahn
L'ancien patron de Bercy a réussi son passage à La Rochelle. Il a su convaincre ses partisans de sa détermination à aller jusqu'au bout avec un leitmotiv : incarner une candidature de convictions et de modernité. Ses idées séduisent dans le parti, et sa bonne image dans l'opinion en font le challenger de Ségolène Royal dans les sondages. Toutefois, Dominique Strauss-Kahn va-t-il résister aux appels probables de Lionel Jospin à soutenir in fine sa candidature pour éviter la députée des Deux-Sèvres ? Ce sera son moment de vérité.
François Hollande
Si sa compagne lui a volé la vedette les deux premiers jours, le premier secrétaire du PS a tenu un discours très remarqué dimanche en clôture de l'université d'été. Avec énergie et humour, il s'est posé en patron du parti et a clairement laissé entendre qu'il entendait disputer à Lionel Jospin le rôle du " recours " et du rassembleur. Si la candidature de Ségolène Royal venait à battre de l'aile, tout laisse à penser qu'il voudrait alors jouer sa carte et non faire appel à l'ancien Premier ministre.
Jack Lang
L'ancien ministre de la Culture a su jouer de sa popularité lors de son débat avec les jeunes adhérents du MJS mais sa candidature peine à monter en puissance. Son manque de soutiens parmi les élus laisse planer des doutes sur le nombre de parrainages nécessaires qu'il aurait recueillis en vue du dépôt de sa candidature. Rien ne laisse encore indiquer vers quel candidat il se désisterait s'il n'entre pas en lice le 3 octobre.
Laurent Fabius
La palme de la détermination peut être sans nul doute décernée à l'ancien Premier ministre. Malgré des sondages toujours aussi mauvais, il ne ménage pas sa peine pour convaincre les militants de la justesse de ses engagements sur une ligne de gauche. Toutefois, le rendez-vous de La Rochelle a confirmé son isolement dans le parti.
(Image LCI : Jospin à son arrivée au débat des jeunes samedi)
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