Après la bataille de la Rochelle, quel gagnant, quel perdant ?

Par Par Renaud PILA, le 28 août 2006 à 14h18 , mis à jour le 28 août 2006 à 17h54

Le rendez-vous de rentrée des socialistes s'est révélé comme un round d'observation qui n'a pas permis de départager les prétendants à l'investiture présidentielle. Au lendemain de cette guerre d'images, voici les clés d'un jeu qui reste ouvert.

TF1/LCI : Lionel Jospin à son arrivée à l'université d'été du PS à La RochelleLionel Jospin à son arrivée à l'université d'été du PS à La Rochelle © DR

Il reste un mois aux présidentiables du PS pour pousser leur avantage, avant le dépôt de leur candidature dans la bataille de désignation du champion socialiste pour 2007. A l'université d'été de La Rochelle, chacun a cherché à prendre le meilleur départ pour cette dernière ligne droite. Au terme de trois jours de rivalités feutrées mais très médiatisées, il semble n'y avoir ni vainqueur, ni vaincu. La décantation n'a pas eu lieu. Au contraire, deux nouveaux acteurs ont fait leur entrée dans la partie : Lionel Jospin et François Hollande. Revue des forces en présence avant un mois de septembre crucial.

Ségolène Royal

Après des mois de cavalier seul plutôt tranquille dans l'opinion, la présidente de Poitou-Charentes a du faire face aux premières attaques de ses adversaires : manque de convictions, stratégie d'image et surtout refus de se soumettre aux questions des jeunes militants socialistes... Forte de sa popularité toujours aussi flatteuse, elle a choisi d'ignorer les critiques pour s'adresser uniquement à l'opinion. Va-t-elle pouvoir tenir encore longtemps cette stratégie d'évitement dénoncée par ses rivaux et par certains adhérents du PS ? Les prochains sondages devraient être déterminants. Si Ségolène Royal reste au sommet, les militants opteront probablement pour l'efficacité et désigneront l'arme anti- Sarkozy. Si en revanche, sa cote vient à fléchir, le débat sur sa crédibilité de candidate gagnera le parti et l'obligera à se justifier lors de querelles internes délicates. Le front anti-Royal pourrait alors l'emporter.

Lionel Jospin

L'ancien Premier ministre a fait ce que ses amis attendaient depuis quatre ans : s'expliquer avec franchise sur son retrait le 21 avril 2002 pour retrouver la confiance de son parti. Franchir cette étape était une condition nécessaire à son retour dans la course présidentielle.  Mais tardive, elle est loin d'être suffisante. Il a su émouvoir les militants mais n'a pas exprimé de réel désir d'être candidat. Il a plus parlé du passé que de l'avenir, du parti socialiste que d'un projet pour les Français.
Lionel Jospin ne peut se permettre d'être battu lors du vote des adhérents : il entend donc être un " candidat de recours ". Mais ce n'est pas lui qui tient les cartes de ce recours : DSK et Jack Lang ont-il l'intention de se retirer en sa faveur ? Rien ne le montre. Autre obstacle sur sa route, François Hollande qui lui dispute désormais la carte du candidat de rassemblement.

Dominique Strauss-Kahn

L'ancien patron de Bercy a réussi son passage à La Rochelle. Il a su convaincre ses partisans de sa détermination à aller jusqu'au bout avec un leitmotiv : incarner une candidature de convictions et de modernité. Ses idées séduisent dans le parti, et sa bonne image dans l'opinion en font le challenger de Ségolène Royal dans les sondages. Toutefois, Dominique Strauss-Kahn va-t-il résister aux appels probables de Lionel Jospin à soutenir in fine sa candidature pour éviter la députée des Deux-Sèvres ? Ce sera son moment de vérité.

François Hollande

Si sa compagne lui a volé la vedette les deux premiers jours, le premier secrétaire du PS a tenu un discours très remarqué dimanche en clôture de l'université d'été. Avec énergie et humour, il s'est posé en patron du parti et a clairement laissé entendre qu'il entendait disputer à Lionel Jospin le rôle du " recours " et du rassembleur. Si la candidature de Ségolène Royal venait à battre de l'aile, tout laisse à penser qu'il voudrait alors jouer sa carte et non faire appel à l'ancien Premier ministre.

Jack Lang

L'ancien ministre de la Culture a su jouer de sa popularité lors de son débat avec les jeunes adhérents du MJS mais sa candidature peine à monter en puissance. Son manque de soutiens parmi les élus laisse planer des doutes sur le nombre de parrainages nécessaires qu'il aurait recueillis en vue du dépôt de sa candidature. Rien ne laisse encore indiquer vers quel candidat il se désisterait s'il n'entre pas en lice le 3 octobre.

Laurent Fabius

La palme de la détermination peut être sans nul doute décernée à l'ancien Premier ministre. Malgré des sondages toujours aussi mauvais, il ne ménage pas sa peine pour convaincre les militants de la justesse de ses engagements sur une ligne de gauche. Toutefois, le rendez-vous de La Rochelle a confirmé son isolement dans le parti.

(Image LCI : Jospin à son arrivée au débat des jeunes samedi)

Par Par Renaud PILA le 28 août 2006 à 14:18
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26 Commentaires

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  • Michel, le 29/08/2006 à 11h24

    Que de pessimistes sur ce forum. Je ne suis pas en accord avec leur ébauche de programme, mais de là à penser que Jospin est un incapable, je prefererai que ce soit lui avec son ancien programme, plutot que Segolene et son ébauche de programme opportuniste trop de gauche et un peu trop à droite.

  • Stevenot Gilbert, le 29/08/2006 à 10h17

    La Bataille de la Rochelle était et restera à l'image de la morne campagne de Waterloo. On peut se demander si Ségolène Royal est engagée dans une élection Miss France, plutôt que pour la Présidence.A en croire les médias, qui sèment un peu le trouble ! Ne vous m'éprenez, tout de même, il y a une petite stratégie derrière. En fait, il faut considérer que Ségolène joue un rôle important qui va en surprendre plus d'un. Elle est à l'avant, elle débrousaille, toute en finesse, et elle entraîne derrière, une énorme machine, la moissonneuse-batteuse-lieuse de François Hollande qui va ne laisser que les "éteules" sur la moisson de cette campagne PS, et les autres candidats pourront déguster le bon fromage de Hollande .Le voilà le coup du Père François. !

  • Bihanig, le 29/08/2006 à 07h28

    Je me demande si les francais peuvent confier entre autre l'utilisation de l'arme atomique à L Jospin quand nous le voyons au bord des larmes face à ses amis.......

  • Vastre, le 29/08/2006 à 03h50

    Le journaliste de TF1 pose cette question : "Après la bataille de la Rochelle, quel gagnant, quel perdant ?" Je pense que les perdants sont connus : ce sont les français en général et les socialistes en particulier. Je ne vois pas de gagnant !

  • Philippe, le 29/08/2006 à 00h05

    "Plus ambitieux et imbus de leur personne qu'eux, tu meurs.", Natasha tu parles de qui ? Sarkozy et de Villepin ? ;-)

  • PORTIA Vincent, le 29/08/2006 à 00h02

    Evènement navrant : S ROYAL ne propose que du vent ! Ce n'est pas en faisant des sourires au caméra par devant et des pieds de nez au débat démocratique par derrière qu'on peut espérer quoi que ce soit.

  • SEGUER, le 28/08/2006 à 21h41

    Affreuse scène de théatre qui se joue actuellement.Pour ma part j'opterai pour un vote sanction (extrème gauche,lcr ou bové ou écolo)

  • Lionel, le 28/08/2006 à 19h31

    Je suis plutôt de droite mais j'avoue que le seul qui vienne de faire quelque chose de constructif est M. Rocard, je suis certe naîf mais je crois encore que toute ambition première d'un politique devrait être le bien être de la France. Il y a de bonnes idées à gauche, au centre et à droite, alors l'intéligence serait de gouverner ensemble !

  • Un citoyen toujours pas convaincu, le 28/08/2006 à 19h13

    Bonne analyse de ce rendez-vous politique. Maintenant, une chose qui peut m'énerver c'est ce jeu, entretenu régulièrement par les politiciens, de s'attaquer directement voir plus tôt indirectement. Comment redonner une bonne image de la politique alors que ceux qui la conduise ne le font pas. Il serait judicieux qu'ils prennent le temps de se regarder à la TV et qu'ils prennent conscience qu'ils sont totalement ridicule. A bonne entendeur ...

  • Antoine, le 28/08/2006 à 18h20

    Quel perdant ? Assurement la France si l'un quelconque de ces ringards, soutenu par les "socialistes et fiers de l'être" de ce forum, arrive au pouvoir! (comme dirait Audiard : Les socialistes ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnait...).

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