En attendant Jospin...

Par Franck LEFEBVRE, le 26 août 2006 à 15h07 , mis à jour le 26 août 2006 à 15h07

L'ancien leader de la "gauche plurielle" s'exprimera pendant deux heures cet après-midi à La Rochelle devant les Jeunes socialistes du MJS. Lesquels comptent le presser de répondre à cette question : sera-t-il ou non candidat ? Premier invité du MJS dans la matinée, Jack Lang a multiplié les piques contre Ségolène Royal.

TF1/LCI : Lionel Jospin à son arrivée à l'université d'été du PS à La RochelleLionel Jospin à son arrivée à l'université d'été du PS à La Rochelle © DR

Pendant deux heures ce samedi après-midi, "il" fera face aux militants socialistes à La Rochelle. Depuis son retour devant ses partisans, vendredi soir, sa présence alimente les rumeurs. Fera-t-"il" acte de candidature pour la présidentielle ? "Il fait tout pour être candidat", remarque un proche de Dominique Strauss-Kahn, sans porter de jugement. Les Jeunes socialistes du MJS, avec lesquels "il" débattra sur "le rapport de la gauche au pouvoir", comptent le pousser dans ses retranchements. Des proches affirment qu'il "n'ira pas dans le mur" - et qu'en tout état de cause, "il" ne devrait pas annoncer explicitement s'il est candidat.

"Il" ? Lionel Jospin, bien sûr, dont les moindres faits et gestes sont guettés, commentés, analysés, et qui va échanger cet après-midi avec une assemblée de socialistes pour la première fois depuis l'annonce de sa décision de quitter la vie politique, en 2002... Dans Le Monde de samedi, il a lui-même confirmé qu'il "ne déclarera pas sa candidature" à la Rochelle. Mais il a laissé planer le suspense : "J'utiliserai le mois de septembre", avant le dépôt des candidatures internes, le 3 octobre, "pour défendre ce à quoi je suis profondément attaché. Je n'ai pas envie que soit balayé ce pour quoi je me suis battu toute ma vie", a-t-il noté.

Jack Lang contre "la dictature de l'opinion"

En attendant son intervention, samedi matin, Jack Lang a été le premier invité des Jeunes socialistes. Et il a vigoureusement contre-attaqué à la déclaration lundi d'un proche de Ségolène Royal demandant le retrait de sa candidature. Alors que Ségolène Royal a refusé de se prêter au jeu du "grand oral", l'ancien ministre de la Culture a insisté : "Ce serait une très bonne chose que tel ou tel des personnages qui veulent se présenter au suffrage viennent devant vous et disent qui ils sont, d'où ils viennent, ce qu'ils ont construit ou réalisé".

Sans jamais citer la favorite des sondages, il a multiplié les allusions : "Il faut avoir du courage" et ne pas avoir "la religion de l'opinion",  "ne suivons pas le dernier chien qui passe". Le PS dans le passé a pu être "en rupture" avec l'opinion notamment "sur la question de la peine de mort ou le droit des homosexuels", a-t-il encore souligné, dans un reproche implicite à la "démocratie participative" chère à Ségolène Royal. Avant de regretter "la personnalisation outrancière du débat politique" et l'oubli des "questions de fond". Précisément, sur le plan de ces "questions de fond", Jack Lang a tenu un discours largement axé sur la politique étrangère (avec en ligne de mire "l'impérialisme américain") et sur la régularisation des sans-papiers.

Par Franck LEFEBVRE le 26 août 2006 à 15:07
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