© J-L.GautreauDes feux tricolores tous les trois coups de roue et mal synchronisés obligeant les piétons à traverser en trois temps, un double couloir de bus aménagé d'un seul côté de la chaussée... Le boulevard Saint-Marcel, situé entre les Ve et XIIIe arrondissements de Paris, fait couler encre, salive et... bitume. Car un an après leur achèvement, les travaux ont dû reprendre.
Face aux critiques des associations de riverains, la mairie de Paris a reconnu de bonne grâce l'échec de cette réalisation qui cherchait à améliorer la trajectoire du Mobilien 91 (le très fréquenté bus desservant trois gares et un hôpital), et a refait les travaux en août. Objectif : fluidifier la circulation et mieux sécuriser ce boulevard. Sont donc en cours de réalisation : des traversées piétonnes désormais synchronisées, une signalisation au sol visible (damier pour signifier les voies de bus) et surtout le retrait de certains feux (il y en a une dizaine sur moins de 800 mètres).
Reste que pour l'association "les droits des piétons", le boulevard Saint-Marcel "est l'un des endroits où Denis Baupin (adjoint aux Transports à la mairie de Paris, ndlr) a manifesté sa haine excessive pour les quatre roues, au point de faire des absurdités", en référence aux piétons déroutés, ne sachant plus de quel côté regarder avant de traverser.
Politique trop générale ?
Mais comment Paris a-t-elle pu se tromper à ce point sur ce boulevard Saint-Marcel, alors qu'elle n'en est pas à son premier chantier du genre ? Les boulevards Montparnasse et Sébastopol ou la rue de Rivoli ont certes fait de nombreux mécontents mais n'ont pas été refaits (sauf quelques réajustements mineurs) et ont aujourd'hui leurs adeptes. L'association de riverains "Tam Tam" parle ainsi de ces "autoroutes pour bus" qui fonctionnent si bien sur le boulevard Montparnasse. Mais tous, mairie et associations de riverains, de piétons, ou d'usagers de transports, s'accordent -avec bien sûr des arguments différents- sur ce point : si Paris enregistre des succès tout autant que des ratés, c'est qu'elle applique la même politique partout au lieu de l'adapter en fonction des quartiers.
Le bus 91 a d'abord primé sur le reste...
La mairie du XIIIe répond qu'il faut plusieurs mois avant de savoir si les nouveaux aménagements fonctionnent. D'ailleurs, un audit est en cours sur le boulevard Port-Royal. Là encore, le 91 est concerné, mais il n'est pas sous le feu des critiques (pour le moment ?). Car l'une des priorités de la mairie est, on le sait, d'améliorer la circulation de ses bus dans la capitale. Elle se félicite d'ailleurs des réaménagements opérés pour les lignes 21, 27 ou encore 38. Pourtant pour l'association "les droits des piétons", le 91 n'a gagné que 4 petites minutes sur sa trajectoire totale : pas de quoi justifier de chambouler tout un quartier. Mais selon les chiffres de la RATP, le 91 a tout de même gagné 30% en vitesse en heure de pointe.
... et les embouteillages se déportent
Autre souci : le trafic automobile. Si la mairie du XIIIe s'est refusée à faire de Saint-Marcel un boulevard en sens unique (afin de ne pas engorger le reste de l'arrondissement), les innombrables petites rues qui s'y jettent empêchent de réaliser des "dégagements" heureux comme sur l'avenue de France (derrière la BNF) non encore terminée mais déjà prometteuse. Une association avait émis l'idée que les voitures puissent utiliser les contre-allées plutôt que de devoir contourner tout le boulevard. Proposition recalée par la mairie de Paris... et le trafic se déporte donc ailleurs, selon la "Plateforme des comités parisiens d'habitants". Selon elle, la mairie parvient à améliorer certains coins mais le problème part ailleurs.
(Photo AFP/J-L.Gautreau - archives : des travaux rue de Rivoli en 2001)
Retour MYTF1
Chargement en cours...



