Les expulsés du squat de Cachan dans le gymnase de la ville, le 25 août 2006 © A.Ga./LCI.frSuite à l'appel du maire de Cachan, le préfet du Val-de-Marne, Bernard Tomasini, a annoncé mercredi avoir trouvé une quarantaine de "logements pérennes" (dont dix proposés par l'Opac de Paris) pour les anciens squatteurs de Cachan.
Ceux-ci seront mis "dans les deux ou trois mois" à la disposition des familles qui ont accepté d'être relogées en urgence à l'hôtel. D'après M. Tomasini, deux recensements menés depuis 2004 dans le squat du Crous de Cachan, évacué le 17 août, font état d'une centaine de familles en situation régulière désireuses d'un logement social."
Quitter le gymnase pour bénéficier de l'offre
Cela ne pourra donc concerner les quelque 200 ex-squatteurs, qui occupent toujours le gymnase d'une école de la ville, que s'ils sont en situation régulière et s'ils acceptent de quitter les lieux pour être relogés momentanément à l'hôtel. Chose à laquelle ils se refusent jusque là, ne voulant pas être séparés.
Le maire socialiste de Cachan les a solennellement appelés mardi soir à vider le gymnase, alors que la rentrée scolaire approche à grands pas. Pour ce faire, il leur proposé de dresser une liste des différentes situations des familles (régulière ou non, volonté d'être relogées à l'hôtel). Le maire de Cachan a aussi pris un engagement : qu'ils ne soient pas interpellés et que l'Etat reconnaisse des associations chargées de les accompagner, se refusant à les faire expulser de force.
Contrôles uniquement à l'extérieur
Le préfet a pour sa part souligné qu'il n'avait aucun pouvoir pour demander l'évacuation du gymnase, action que "seul le maire peut" engager auprès de la justice, à moins que "la situation sanitaire présente un danger pour la vie humaine". Or "nous n'en sommes pas là". Il a aussi assuré que les sans-papiers ne seront pas contrôlés dans le gymnase mais qu'ils peuvent être contrôlés en dehors. Treize contrôle ont ainsi été effectués à "la périphérie du gymnase" qui ont débouché sur le placement en centre de rétention administrative de deux étrangers en situation irrégulière, depuis l'évacuation. Les familles ont tenu une conférence de presse en fin de matinée en présence d'artistes, tels que Benabar et Jacques Weber.
Une manifestation de soutien, rassemblant plus de 700 personnes, a défilé mercredi entre la place Denfert-Rochereau et le ministère du Logement. Les manifestants ont marché derrière une grande bannière jaune proclamant: "collectif des 1000 de Cachan, un logement, une école, des papiers tout de suite". Pendant la manifestation, une délégation composée de 4 représentants des 1000 de Cachan et de 4 représentants du comité de soutien a été reçue par le directeur de cabinet du ministre du Logement Jean-Louis Borloo et un conseiller. A l'issue de la réunion, Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL (Droit au logement) a déclaré que les deux hommes avaient "fait la promesse de contacter le préfet concernant les 2 propositions concrètes que nous lui avons soumises et de revenir vers nous".
(Dans le gymnase de Cachan vendredi/Photo A.Ga./LCI.fr)
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