Après plus de 36h de garde à vue, les cinq militants ayant détruit dimanche une parcelle de maïsOGM sont ressortis libres du palais de Justice de Toulouse, acclamés par plusieurs dizaines de sympathisants et le slogan : "OGM, non, non, non".
Ils ont été laissés en liberté mardi après-midi, mais placés sous contrôle judiciaire, par le juge des libertés et de la détention de Toulouse. Ils seront convoqués en correctionnelle le 19 septembre prochain. Le juge, qui a successivement entendu les trois hommes et les deux femmes interpellés lundi matin, n'a donc pas suivi les réquisitions du parquet. Il a toutefois interdit aux cinq militants de séjourner dans le département de Haute-Garonne.
"Ca nous motive encore plus"
"Je vais continuer à faucher, ailleurs qu'en Haute-Garonne, puisque le contrôle judiciaire m'interdit d'y venir, parce que le système répressif, ça nous motive encore plus", a notamment déclaré Francis Roux, "paysan aveyronnais" déjà condamné à 4 mois de prison avec sursis pour des faits similaires. "C'est l'agriculture du monde entier qui m'intéresse. On casse tout pour les multinationales, je n'ai pas envie qu'on détruise des centaines de millions de personnes pour le fric", a-t-il ajouté.
Ces "faucheurs volontaires" avaient été arrêtés lundi vers 2h du matin, à Daux en Haute-Garonne (lire notre article), à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Toulouse, alors qu'ils venaient de détruire une parcelle de maïs OGM cultivée pour le semencier Pioneer.
Manifestation de céréaliers contre les saccages d'OGM |
Environ 250 producteurs de maïs ont manifesté mardi dans le sud de la France pour protester contre ces saccages. "C'est une première que l'on manifeste contre des anti-OGM", s'est félicité Luc Esprit, directeur général de l'association générale des producteurs de maïs (AGPM), assurant que les agiculteurs sont décidés à riposter. "De tels actes sont intolérables", a-t-il dit. "C'est la première fois que des agriculteurs détruisent le champ d'un autre agriculteur", a-t-il soupiré. Cette année, entre 450 à 500 producteurs français ont cultivé en France du maïs OGM à des fins commerciales. Ces agriculteurs se trouvent surtout en Midi-Pyrénées, en Aquitaine et en Poitou-Charentes. |
(Photo Tf1-LCI - archive : José Bové lors de son procès à Toulouse en 2005)








