Un classement inédit des violences scolaires

Par Par D.H. avec AFP, le 31 août 2006 à 07h59 , mis à jour le 01 septembre 2006 à 09h46

A partir des données de l'Education nationale, Le Point publie ce jeudi un classement des établissements scolaires en fonction de leur violence. A noter toutefois : ces chiffres sont calculés sur la base des seules déclarations des établissements.

cour ecole recreation © TF1

C'est une photo saisissante de la France, même s'il faut garder en tête que les chiffres ne sont obtenus que sur la base des déclarations des établissements eux-mêmes. Pour la première fois, les données chiffrées de l'Education nationale en matière de violence scolaire sont publiées ce jeudi par le magazine Le Point.

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De 23 actes de violences cette année au collège La Martinière de Lyon à 285 au collège Condorcet de Nîmes, le magazine a classé les 7924 établissements scolaires publics du second degré français, même si 6% ne déclarent même pas d'actes violents.

30% de violences physiques sans arme

82.007 faits graves ont été recensés en 2005-2006 dans les collèges et lycées publics, soit une augmentation de 1% par rapport à 2004. Parmi eux, 760 ports d'armes et 1050 violences physiques à caractère sexuel. La plus grande part des actes sont des violences physiques sans armes (près de 30%), suivies des insultes graves et menaces (26%).

Le record est détenu par le collège Condorcet de Nîmes, avec 285 évènements graves, soit près de 10 par semaine de scolarité. A l'opposé, le plus calme est le collège La Martinière de Lyon avec 23 actes. 22 collèges sont classés dangereux en Ile-de-France. En moyenne, les collèges ont été touchés par 14,8 actes de violence. Les lycées sont globalement moins touchés. Le ministre de l'Education devrait faire présenter des "des mesures de prévention et de lutte contre la violence en milieu scolaire lors de la conférence de presse de rentrée", jeudi.

Comment Le Point en arrive à cette liste

Le ministère ne délivre chaque année qu'une synthèse des résultats du logiciel d'information sur la violence scolaire Signa, mis en place en 2001 et alimenté par 94% des chefs d'établissements selon Le Point. Ce logiciel Signa permet aux chefs d'établissement de recenser les actes de violence "graves", c'est-à-dire les "actes dont la qualification pénale est évidente", "les actes qui ont fait l'objet d'un signalement" à la police ou à la justice et ceux qui ont eu "un retentissement important dans la communauté scolaire", selon le ministère. Pour obtenir les résultats détaillés, trois journalistes ont mené une bataille juridique, initiée en janvier 2005, et effectué "à deux reprises" une demande auprès de la Commission d'accès aux documents administratifs (Cada) puis un recours au tribunal administratif. En juin 2006, la Cada a déclaré la base de données "document public", ne laissant plus le choix au ministère qui a fourni au Point "par mail" les "2 millions de données informatiques". Choqué par ce classement, le premier syndicat des chefs d'établissement, le SNPDEN, a demandé jeudi à ses membres "de ne plus renseigner les enquête Signa dans l'attente d'explications du ministère".

(Photo TF1-LCI - archive)

Par Par D.H. avec AFP le 31 août 2006 à 07:59
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12 Commentaires

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  • Geronimo, le 31/08/2006 à 12h38

    Tout effort de transparence est une victoire pour la démocratie.

  • Bernard, le 31/08/2006 à 12h14

    A partir du moment où seuls les actes déclarés par les chefs d'établissement sont pris en compte, je ne vois pas l'interêt d'un tel classement. Une fois de plus, on va être abreuvé de statistiques fausses, qui vont nous faire croire que tout va bien, et qu'il y a plus de violence à Boulogne qu'à Bobigny... C'est ridicule.

  • Bazin, le 31/08/2006 à 11h58

    On imagine le désastre si tous les actes étaient vraiment recensés,tout ceci est le résultat du manque de repère d'une jeunesse et de la démission des parents, du désengagement de l'état et des collectivités locales ( elles contruisent des beaux batiments (qui rapportent aux partis politiques)mais il n' y pas de materiel pédagogique et le personnel qui va avec). Du désintéressement et le manque de professionalisme des professeurs , nous sommes tous un peu coupable

  • Gerard, le 31/08/2006 à 11h20

    Quand on sait à quel point l'éducation nationale essaye de cacher et minimiser ces actes pour faire bonne figure (par le biais même des plus haut grades de la hierarchie) Je pense qu'il faut au moins multiplier ces chiffres par x pour obtenir une estimation proche de la réalité. Bien sûr ce x est difficilement estimable car il est dépend du nombre de chefs d'établissements / enseignants qui ont fermé les yeux ou couvert des actes de violence dans des buts corporatistes, idéologiques, intérêts personnels ou simplement lâcheté (pas de vague avec les amis des bandes du coin ect)

  • Pascal, le 31/08/2006 à 11h18

    Et oui, c'est dur la transparence (près d'un an et demi pour obtenir ces chiffres et au prix de quels efforts !), cela dit, on n'apprend rien de bien nouveau. Les collèges à risques sont connus localement. C'est plutôt à la racine du mal qu'il faudrait agir : éduquons nos enfants... Tout un programme.

  • MANU, le 31/08/2006 à 10h55

    Aprés le classement des colleges et lycées en fonction de leur resultat au BAC qui a abouti a une selection strict dans certains etablissements afin d'etre parmi l'élite, ce classement va pousser les etablissements a ne pas signaler les faits qu'ils pourront constatés pour ne pas figurer parmi les plus violents de france et ne pas faire peur aux familles

  • Bea, le 31/08/2006 à 10h54

    Il est possible depuis longtemps dans les pays anglo-saxons de trouver des informations tres precises concernant la securite et le classement des etablissements scolaires. La France a encore beaucoup de retard dans ce domaine et dans bien d'autres...

  • Pierre, le 31/08/2006 à 10h45

    Evidemment qu'il y aura polémique. Et encore seul les "évènements" déclarés sont pris en compte. L'éducation nationale ne sait pas se remettre en cause. Mais dans certains cas les parents aussi sont largement responsable (combien de parents sont venus voir le maitre ou le professeur qui avait punis leur enfants, le pauvre il ne faisait que donner des coups a ses camarades).

  • Valentin, le 31/08/2006 à 10h44

    Les chiffres officiels sont loins de refleter la realite.... La plupart de actes violents ne sont pas reportes

  • Damien, le 31/08/2006 à 09h45

    Il a fallu attendre un Gouvernement de Droite pour obtenir des chiffres précis sur la violence à l'écôle !!

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