Déportation : 200 familles vont attaquer la SNCF

Par Par A.Ga. (avec AFP), le 28 août 2006 à 15h48 , mis à jour le 28 août 2006 à 16h20

Fortes de la récente victoire du député européen Alain Lipietz, qui a fait condamner l'Etat et la SNCF pour leur rôle dans la déportation des Juifs de France sous Vichy, 200 familles vont entamer cette semaine le processus judiciaire.

[Expiré] [Expiré] wagon dracy déportation AFP © AFP FREDERICK FLORIN

6 juin : l'Etat et la SNCF sont condamnés pour leur participation à la déportation des Juifs de France sous le régime de Vichy. Ils doivent verser respectivement 41 000 et 21 000 euros aux plaignants, la famille du député européen Alain Lipietz. Le jugement du tribunal administratif de Toulouse est "historique".

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Fortes de cette victoire, deux cents familles d'anciens déportés vont lancer cette semaine une bataille judiciaire afin d'obtenir réparation auprès de l'entreprise ferroviaire pour le rôle qu'elle a joué dans le transport de prisonniers vers les camps. "La SNCF n'obéissait ni à un ordre, ni à une contrainte. C'était sa propre initiative", souligne Me Avi Bitton, un des deux avocats des plaignants dans Le Monde daté de mardi.

"La justice les a oubliés"

L'entreprise devrait recevoir avant le 1er septembre des lettres provenant du Canada, des Etats-Unis, de Belgique et de France. Ces familles demandent réparation du préjudice subi par elles-mêmes ou par des parents proches du fait de la déportation (de leurs proches) dans des fourgons à bestiaux dans des conditions inhumaines, en sachant pertinemment que les gens risquaient d'être assassinés", a expliqué Me Matthieu Delmas, l'autre défenseur des familles.

"Aujourd'hui, il existe des indemnisations spécifiques pour les personnes spoliées, pour les orphelins de la Shoah, mais pour ceux qui ont vécu le martyr du transport et de l'internement, il ne reste que le silence. L'histoire a reconnu leur souffrance mais la justice les a oubliés. C'est à cette incohérence que nous voulons remédier", justifie Me Bitton dans Le Parisien de lundi. La SNCF aura deux mois pour répondre au courrier des plaignants. En cas de refus, les familles saisiront alors le tribunal administratif. L'entreprise avait fait appel du jugement de juin.

(Un wagon à Drancy/photo d'archives/AFP/FREDERICK FLORIN)

Par Par A.Ga. (avec AFP) le 28 août 2006 à 15:48
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