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Les derniers "irréductibles" de Cachan évacués


le 18 août 2006 à 19h42
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3min
L'évacuation du campement des "ex-squatters" de Cachan

L'évacuation du campement des "ex-squatters" de Cachan / Crédits : DR

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SociétéLe campement de fortune établi par environ 200 des anciens "squatters" d'un immeuble universitaire de Cachan a été évacué à son tour vendredi par les forces de l'ordre. La mairie leur a fourni un hébergement temporaire dans un gymnase. Sur les 508 personnes évacuées jeudi, selon le ministère de l'Intérieur, 160 ont accepté un relogement d'urgence.

Après l'intervention de la police jeudi, certains habitants irréductibles du squat de Cachan avaient décidé de camper à proximité du bâtiment universitaire dont ils avaient été expulsés. Mais leur campement de fortune a été visé à son tour par un ordre de la préfecture du Val-de-Marne. Vendredi aux alentours de 18h30, les forces de l'ordre ont lancé l'évacuation des derniers 200 anciens squatters de Cachan. Ces derniers ont finalement accepté d'être hébergés dans un gymnase mis à leur disposition par la mairie de Cachan.

Selon Fidèle Nitiéma, "délégué des habitants du squat", qui sont quasiment tous africains, dont une majorité d'Ivoiriens et de Maliens, le directeur de cabinet du préfet leur avait fait une nouvelle proposition de dernière minute. Elle concernait tous les ex-squatters, aussi bien en situation régulière qu'irrégulière : loger temporairement toutes les personnes présentes dans deux hôtels de la région parisienne (106 personnes à Roissy-en-France, les autres à Evry). La précédente proposition était de répartir les personnes dans une dizaine d'hôtels dans quatre départements franciliens, selon Fidèle Nitiéma. Les délégués ayant refusé, les forces de police sont intervenues.

"Le préfet nous a prévenus..."

Toute la journée de vendredi, les familles, les militants associatifs et les élus du Val-de-Marne qui les soutenaient étaient très préoccupés par l'évolution de la situation. "On est très inquiet, avait indiqué plus tôt dans la journée Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au Logement (Dal). Le préfet nous a prévenus que les familles ne passeraient pas une deuxième nuit ici". Selon le Dal, 67 enfants et environ 130 adultes avaient passé la nuit dans le campement de fortune au pied du bâtiment évacué jeudi par les forces de l'ordre. Parmi eux, plusieurs dizaines de personnes qui avaient accepté d'embarquer dans les cars vers les hôtels avaient rebroussé chemin dès jeudi soir par peur, souvent, d'être interpellées.

Selon Richard Moyon, porte-parole du Réseau Education sans frontières, la préfecture a proposé aux squatters évacués et en situation irrégulière un hébergement en hôtel pendant 10 jours mais n'a pas donné de date butoir à ceux qui sont pourvus de titre de séjour. "Au nom de l'hygiène, Sarkozy a plongé toutes ces familles dans des situations bien pires : à la rue ou, pour ceux qui seront expulsés, dans des bidonvilles à Abidjan", a-t-il ajouté.

Sur les 508 personnes évacuées par la police jeudi, selon des chiffres du ministère de l'Intérieur, 160 ont accepté un relogement d'urgence. Trente et une personnes, sur 66 placées jeudi en garde à vue après l'évacuation, se trouvaient vendredi après-midi dans des centres de rétention de la région parisienne, selon Alexandre Leclève, un porte-parole de la Cimade (centre oecuménique d'entraide, seule association habilitée à être présente dans les centres de rétention). Les autres personnes arrêtées en situation irrégulière étaient soit toujours en garde à vue, soit en cours de transfert vers d'autres centres de rétention.

D'après AFP

Photo d'ouverture : L'évacuation du campement des "ex-squatters" de Cachan - DR

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