"Opération médiatique" pour le Réseau éducation sans frontières (RESF), "tour de vis cruel et démagogique" au problème des sans-papiers, selon Mouloud Aounit, secrétaire général du MRAP. Plusieurs associations et partis politiques ont protesté, ce jeudi, contre l'opération d'évacuation du plus grand squat de France, à Cachan, dans le Val-de-Marne (lire notre article). Nombre d'entre elles l'ont mise en parallèle avec la fermeté affichée mardi soir par Nicolas Sarkozy qui a redit son opposition à toute régularisation massive des sans-papiers.
Pour Droit au logement (Dal), "cette expulsion pourrait être assortie d'arrestations de sans-papiers en grand nombre, constituant ainsi la première opération de force suite aux déclarations de Sarkozy du 15 août". Mouloud Aounit, secrétaire général du Mrap, a dénoncé "une opération pour l'exemple". "Ce n'est pas avec ce type de méthode que l'on va régler le problème des sans-papiers", a-t-il ajouté qualifiant aussi l'évacuation d'"opération de communication".
"Cynique gesticulation médiatique"
Pour Sergio Coronado, porte-parole des Verts, ces expulsions montrent qu'après les déclarations du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy sur les sans-papiers, "les travaux pratiques ont commencé". "Ces expulsions ne sont pas autre chose qu'une cynique gesticulation médiatique" et "ne représentent en aucune manière une issue permettant aux familles d'être relogées décemment et durablement".
La Ligue communiste révolutionnaire "condamne avec force" l'évacuation des squatteurs de Cachan, "nouvel épisode de la guerre aux pauvres, de la chasse aux sans-papiers auxquelles se livre une fois de plus Nicolas Sarkozy, ministre des expulsions". Pour le Parti communiste, c'est une "véritable provocation". "Cette expulsion à grande échelle marque le franchissement d'un pas supplémentaire dans la violence et l'irresponsabilité alors que chaque cas nécessiterait dignité, humanité et respect", ajoute le Parti communiste.
Une centaine de personnes, dont de nombreux enfants, ont refusé en fin d'après-midi de monter dans les cars et ont décidé d'organiser un campement près des lieux évacués. Epaulés par des associations et des élus, ils réclament une "solution valable de relogement" ainsi que "la libération des personnes envoyées en centres de rétention."
| Le satisfecit de l'UMP |
L'UMP se félicite de l'évacuation du squat, par mesure "de précaution", rappelant les incendies meurtriers qui s'étaient produits l'été dernier à Paris. Dans un communiqué, Yves Jego, secrétaire national de l'UMP, assure que cette mesure était "destinée à protéger les centaines de squatteurs", du fait d'un "risque sérieux d'incendie". "Personne ne devrait avoir oublié les drames survenus il y a un an maintenant dans les squats parisiens", affirme l'UMP, estimant "regrettable que certaines associations cherchent à utiliser cette évacuation de précaution à d'autres fins".







