© INTERNERefoulée d'un gîte parce qu'elle portait le voile, une jeune femme de 27 ans a déposé plainte samedi pour discrimination raciale contre la propriétaire des lieux. Le 11 août, quand la famille (sept personnes, dont un nourrisson de six mois et un enfant handicapé) qui venait de l'Essonne, se présente au gîte de Julienrupt, dans les Vosges, loué par l'intermédiaire d'Internet, elle se voit refuser l'entrée. A moins que la jeune femme et sa mère ne se dévoilent. Les vacanciers se replient alors vers un hôtel à Gérardmer.
Samedi, la jeune femme, d'origine marocaine, est allée déposer une plainte à la gendarmerie de Gérardmer. "C'est une famille très bien, ce qui explique la courtoisie des échanges. Il n'y a pas eu un mot plus haut que l'autre", a commenté la gendarmerie. De son côté, la propriétaire "reconnaît" ses actes et affirme qu'elle a agi "dans le respect de la laïcité".
"Discrimination grave"
Pour le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), qui s'est constitué partie civile dans l'affaire, l'incident relève d'un "acte de discrimination grave". "Si des propriétaires estiment que des personnes voilées n'ont pas à entrer dans leur logement, on se demande pourquoi ils louent", s'est indigné Claude Gavoille, la présidente du MRAP-Vosges.
Le refus de fournir un bien ou un service à une personne "sans justification objective et raisonnable" mais en raison du "sexe, d'une prétendue race, de l'origine ethnique (...), de la conviction religieuse ou philosophique", est assimilé à un acte de discrimination directe, selon la loi du 25 février 2003. En cas de renvoi devant un tribunal correctionnel, la propriétaire encourt une peine pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende.
D'après AFP
(Image d'archives TF1/LCI Manifestation à Marseille pour défendre le port du voile)
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