© DRLe 7 juillet dernier, un groupe de sept handicapés mentaux, dont trois trisomiques, encadrés par trois éducateurs, veulent aller danser en discothèque. Direction Le Métrodome, une boîte située à La Richardais, en Ille-et-Vilaine. A l'entrée, un des videurs leur rétorque : "Ce ne sera pas possible". "Mais pourquoi ?", lui demande le groupe. "Ce n'est pas possible, c'est tout".
Privé de réveillon à cause de son handicap ?
Handicapé moteur, Sébastien, 30 ans, voulait passer la Saint-Sylvestre dans une soirée dansante pour célibataires. On le lui a refusé. "Pour le protéger", argumente la directrice du club.
Publié le 30/12/2010
Déçus, certains retournent sur le parking, prêts à repartir. D'autres insistent pour avoir des explications. L'un des vigiles de la boîte de nuit argumente en expliquant que "des personnes trisomiques peuvent faire des crises".
"C'est sûr que quelqu'un un peu plus rond au niveau de sa petite bouille, ça fait un peu tache au milieu de la discothèque", ironise Jean Perraud, le directeur du foyer de handicapés de Saint-Malo d'où venait le groupe, joint par LCI.fr. "Cette attitude relève d'une méconnaissance totale de ce qu'est le handicap mental", complète Claude Laurent, secrétaire général de l'Association départementale des amis et parents des personnes handicapées mentales (Adepei). D'une voix ferme, il poursuit : "On s'imagine que ce sont des fous, des déments. Ils ont seulement des difficultés de compréhension mais ce sont des personnes charmantes."
Délit de faciès
S'estimant victime d'une discrimination, quatre familles de handicapés mentaux ont porté plainte fin juillet contre la discothèque. Pour les soutenir, l'Adepei d'Ille-et-Vilaine va faire de même cette semaine. "C'est assez rare que nous ayons à porter plainte. La loi de 1975, modernisée en 2005, faisait de ces personnes des citoyens à part entière mais l'acceptation du handicap ne se décrète pas seulement, il faut l'accepter. Que ces personnes puissent aller au restaurant, au ciné ou en discothèque sans un délit de faciès", justifie Claude Laurent sur LCI.fr. La discothèque était injoignable mardi dans la soirée.
De son côté, la sous-préfecture de Saint-Malo envisage la fermeture administrative de la boîte de nuit pour trois mois. "Ils ont été refusés au seul motif qu'ils étaient handicapés", a souligné le sous-préfet Jean-Philippe Setbon à l'AFP, en précisant qu'une lettre avait été envoyée le 24 août au directeur de l'établissement pour obtenir des explications. La préfecture d'Ille-et-Vilaine précise à LCI.fr que cet événement s'ajoute à un certain nombre de troubles à l'ordre public dans cette boîte.
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(Image d'archives/DR)
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