© INTERNELes corps de deux bébés avaient été retrouvés dans son congélateur, fin juillet. Un couple de français résidant à Séoul, en Corée du Sud, a été entendu à sa demande jeudi par la police judiciaire à Tours. Après plus de deux heures d'audition, il est reparti libre.
Selon Me Marc Morin, l'avocat du couple, "il s'agissait d'une simple audition, ils n'ont pas été mis en garde à vue car la police a bien vu que le dossier était vide". Il a souligné que l'audition avait eu lieu à la demande de Jean-Louis Courjault et de son épouse, mis en cause par la police, la justice et la presse sud-coréennes à la suite de la découverte dans le congélateur de leur domicile des corps de deux nouveau-nés enveloppés dans des sacs plastiques.
"La justice coréenne a avancé des arguments sans en mesurer les conséquences", a encore affirmé l'avocat, s'étonnant "de l'acharnement diplomatique et médiatique sud-coréen dans cette affaire". Me Marc Morin a évoqué la possibilité d'une "manipulation économique, d'une mise en scène visant à discréditer" Jean-Louis Courjault, qui a un poste d'ingénieur de haut niveau dans une société américaine à Séoul.
Parent des bébés?
M. et Mme Courjault, âgés d'une quarantaine d'années et parents de deux garçons de 10 et 11 ans, sont arrivés à pied au commissariat de Tours, le visage fermé. Ils sont repartis par une porte dérobée. C'est M. Courjault qui a découvert les corps des nouveau-nés dans le congélateur de son domicile de Séoul le 23 juillet à l'occasion d'un aller-retour effectué seul après un mois de vacances en France, selon la police sud-coréenne.
Il s'est aussitôt rendu dans un commissariat pour faire part de cette découverte aux policiers, "ce qui n'aurait pas été dans son intérêt s'il avait été mêlé de près ou de loin à cette affaire", a souligné son avocat. Après une première enquête, la police sud-coréenne a permis à Jean-Louis Courjault de revenir en France. Elle a ensuite affirmé avoir procédé à des tests ADN dont les premiers résultats, selon elle, tendraient à prouver que le couple était bien parent des bébés. Me Morin a souligné que le couple contestait la validité de ces tests.
La justice coréenne veut les interroger
Une enquête préliminaire a été ouverte cette semaine par le parquet de Tours où la famille Courjault possède une maison et se trouve actuellement en vacances. Mais "la justice française attend toujours une demande d'entraide judiciaire de la part des autorités sud-coréennes", a précisé Sylvie Pantz, avocate générale du parquet d'Orléans, chargée de la communication sur cette affaire.
Compte tenu notamment des problèmes de traduction et des congés d'été, les éléments dont disposent les autorités sud-coréennes sur cette affaire pourraient toutefois mettre "des mois" pour parvenir aux enquêteurs français, a-t-elle ajouté. La police sud-coréenne a fait savoir qu'elle souhaitait voir le couple revenir à Séoul pour y être interrogé. "Au vu du déchaînement médiatique autour de cette affaire en Corée du Sud, mes clients ne souhaitent pas y retourner et vont rester en France pour l'instant", a indiqué Me Morin.
D'après AFP
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