Ségolène © LCISégolène Royal détendue et applaudie
Comme elle entrait dans l'auditorium du Centre de conférences de La Rochelle, suivie par un bloc compact de photographes et cameramans, la socialiste favorite des sondages a été chaudement applaudie. Mais une partie seulement du public s'est levée pour l'ovationner.
Tout son discours d'ouverture en tant que présidente de la région Poitou-Charentes a consisté à expliquer ce qu'elle a réalisé depuis deux ans au niveau local. Et de citer pêle-mêle la gratuité du permis de conduire pour les jeunes chômeurs, les aides aux transports publics, un exemple de budget participatif dans un lycée ou encore "l'excellence environnementale ".
Contrairement à ses rivaux depuis une semaine, elle n'a pas parlé aux militants de politique nationale ou avancé de programme pour 2007. Cela, elle le réserve aux médias nationaux. Très souriante et visiblement détendue, elle a préféré louer la politique de "la France des régions socialistes". Son ambition est de "voir des territoires qui puissent s'appuyer sur un Etat central pour lutter contre la précarité, les inégalités scolaires ou les problèmes d'emploi ".
"Lorsque l'Etat central fonctionnera mieux, les réformes pourront se faire. Voilà l'enjeu de l'année prochaine" a-t-elle expliqué sous les applaudissements des nombreux militants présents. L'intervention de Ségolène Royal s'est faite en l'absence remarquée de plusieurs de ses rivaux, dont Laurent Fabius, Jack Lang ou Dominique Strauss-Kahn.
Fabius critique le bilan de Jospin
Premier à se prêter au jeu des questions/réponses des jeunes militants, Laurent Fabius s'est montré direct sur la forme et déterminé sur le fond. L'ancien Premier ministre a énuméré les conditions de la victoire de l'opposition : une ligne clairement à gauche et un réel rassemblement. Dans une critique à peine voilée contre Lionel Jospin, il a expliqué que si elle l'emportait en 2007, la gauche " devrait mener une politique différente de celle qui a été menée auparavant ", entre 1997 et 2002. Car le résultat fut cruel pour elle lors de la dernière présidentielle : " elle ne recueillit que 13% du vote des ouvriers, 13% de celui des employés et 20% de celui des enseignants " a rappelé celui qui fut ministre de L'Economie durant cette période.
Aujourd'hui, Laurent Fabius qui dit avoir réfléchi et appris des succès et des échecs des socialises a estimé qu' " une ligne mi-chêvre mi-chou " ne mènerait pas la gauche à la victoire, une pierre dans le jardin de Ségolène Royal. Autres amabilités visant la compagne de François Hollande, il a affirmé que le " look " ne suffisait pas pour l'emporter et lâché cette formule : " moi je dis : voici mon programme et non pas mon programme, c'est Voici ".
DSK, " candidat de convictions "
Avant de débattre avec les jeunes samedi, Dominique Strauss-Kahn a pris la parole vendredi soir devant ses partisans. Au cœur de son discours, une volonté de " donner un nouveau souffle à la France " en apportant des réponses aux nouveaux problèmes du XXIème siècle. Car, a-t-il tenu à préciser, s'il concourt à l'investiture présidentielle, "c'est pour défendre des convictions" : mettre la création de richesses au centre du débat, préparer l'avenir énergétique de la France, redonner des couleurs à l'université française ou donner à l'Europe les moyens de jouer un vrai rôle sur la scène internationale.
Il souhaite en 2007 "un président qui gouverne" et "ne se reconnaît pas dans la présidence gaullienne ou mitterrandienne " au moment ou Ségolène Royal revendique une filiation avec l'ancien président socialiste. En plaçant sa candidature sous le signe des "convictions", DSK veut se différencier de la favorite des sondages, persuadé que les militants "feront la différence", comme le soulignait un de ses partisans.
(Image LCI : Ségolène Royal face en ouverture de l'université d'été)
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