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Sarkozy : "rentrer en France ne donne pas le droit d'y être"

Edité par
le 15 août 2006 à 22h57
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3min
TF 1 / LCI Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy / Crédits : TF 1 / LCI Nicolas Sarkozy

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SociétéDeux jours après la date limite de dépôt des demandes de régularisation des familles sans-papiers d'enfants scolarisés, le ministre de l'Intérieur a affirmé que près de 30.000 dossiers ont été déposés et répété que 6.000 devraient aboutir. Il a fustigé le discours de certaines associations qui "font assaut de démagogie".

La date limite de dépôt des demandes de régularisation des familles sans-papiers d'enfants scolarisés est dépassée depuis le 13 août. Le ministère de l'Intérieur a donné pour instruction aux préfectures de s'occuper des dossiers qui arriveraient "dans les jours à venir". En attendant, Nicolas Sarkozy a fait le point, mardi soir dans le journal de France 2, sur la situation.

Il a affirmé qu'"un peu moins de 30.000 demandes" de régularisation avaient été déposées par des sans-papiers dans le cadre de la circulaire du 13 juin. "Les estimations dont je dispose me permettent de dire qu'environ 6.000 personnes seront régularisées", a-t-il répété, refusant d'expliquer comment il pouvait aboutir à une telle estimation alors qu'il a été demandé aux préfets de décider "cas par cas".

"Démagogie et irresponsabilité"

Le ministre de l'Intérieur s'en est pris à ces associations de défense des sans-papiers ("certaines") qui font "assaut de démagogie et même d'irresponsabilité". Arno Klarsfeld, nommé par lui médiateur sur ce dossier, a utilisé dans Le Monde daté de mardi ce même terme de démagogie en parlant des associations.

Or selon le ministre, "il ne suffit pas de rentrer en France pour avoir le droit d'être en France", sinon "la France serait le seul pays à ne pas décider qui n'aurait pas le droit de décider de qui a le droit d'être sur son territoire" a-t-il martelé redisant son objectif d'une immigration maîtrisée, qui permettrait d'enrayer les problèmes d'intégration de ces populations : "que ceux qui viennent en France puissent avoir un logement et un métier".

Il a d'ailleurs refusé toute régularisation massive, affirmant que la régularisation de 80.000 clandestins par le gouvernement Jospin en 1997 avait entraîné la multiplication par quatre des demandes d'asile et estimant que cela avait "envoyé le signal au monde entier que tout le monde pouvait venir en France". En réponse à la question du devenir des familles qui n'obtiendraient pas gain de cause, Nicolas Sarkozy a seulement affirmé : "lorsqu'on a une lettre de refus (...) on a vocation à quitter la France".

Julien Dray (PS) : Sarkozy a "fabriqué des familles d'immigrés clandestins" 

Le porte-parole du PS a vivement réagi aux propos tenus par Nicolas Sarkozy sur France 2. "Dans cette apparition estivale,de Nicolas Sarkozy, il n'y a rien de  nouveau", a estimé Julien Dray après l'intervention du président de l'UMP. "Le ministre de l'Intérieur essaye de se fabriquer des adversaires, alors que c'est sa politique de contrôle des flux migratoires qui est en cause",  a-t-il affirmé. "Au lieu de s'en prendre aux associations et de remonter dix ans en arrière  le ministre de l'Intérieur ferait mieux de dire la vérité aux Français : c'est  qu'il a fabriqué des familles d'immigrés clandestins, qui n'ont d'ailleurs rien  à voir avec les problèmes d'insécurité ou de violence, pour la plupart, et qui  demandent simplement à pouvoir vivre tranquillement sur notre territoire", a  ajouté Julien Dray.

(Nicolas Sarkozy sur le plateau de France 2 dimanche soir)

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