Ségolène Royal revendique l'héritage mitterrandien

Par Par Franck LEFEBVRE avec Stéphanie MORBOIS, le 19 août 2006 à 16h29 , mis à jour le 06 novembre 2006 à 09h33

Invitée dimanche de la Fête de la rose, à Frangy-en-Bresse, Ségolène Royal s'est clairement inscrite à gauche dans un discours-programme au cours duquel elle a longuement fait référence à François Mitterrand, mais aussi à Léon Blum. Se posant en présidentiable, elle a appelé à l'unité de la gauche et s'est adressée, au-delà du PS, à "toutes celles et toux ceux qui veulent que ça change".

TF1/LCI : Ségolène Royal lors de son discours-programme à Frangy-en-Bresse Ségolène Royal lors de son discours-programme à Frangy-en-Bresse © DR

Ségolène Royal était ce dimanche à Frangy-en-Bresse, invitée d'honneur d'Arnaud Montebourg à la 34è Fête de la rose - qui marque traditionnellement, chez les socialistes, la reprise de la vie politique. Il s'agissait pour elle de s'assurer de la confiance des militants dans l'optique de la campagne interne du PS pour désigner le candidat à l'élection présidentielle. Ce discours, Ségolène Royal l'a donc voulu "de cohérence et d'identité politique". Et face aux militants socialistes, elle s'est clairement inscrite à gauche... et dans la droite ligne de François Mitterrand. En s'exprimant une semaine avant les autres ténors de la gauche, elle s'est aussi efforcée d'imposer sa thématique. Et s'est posée en présidentiable, en martelant : "Si je suis en situation, la France aura une parole qui portera dans le monde", "si je suis en situation, le pacte social sera assuré"...

Alors que certains lui reprochent des idées libérales ou ses sympathies pour Tony Blair, la candidate à la candidature socialiste a commencé par une violente charge contre "la brutalité de la droite", son "inertie" et "les ravages sociaux et le gâchis humain qui en résultent". Et de lancer : "oui, il faut battre la droite. Non pas pour nous, mais pour redresser le pays, et donner à chacun, et à chacune, le droit de construire dignement sa vie. Nous croyons, nous socialistes, que pour repartir vers le haut, la France a besoin de tous ses talents, de toutes ses énergies, de partager avec les citoyens les décisions qui engagent leur avenir. Deux visions de la France et deux conceptions opposées de l'exercice du pouvoir, tel sera dans huit mois l'enjeu de l'élection présidentielle".

"Je revendique cette lignée miterrandienne"

S'ancrant un peu plus à gauche, elle a fait longuement référence à François Mitterrand, "dans cette Bourgogne qu'il aimait tant" : "Je revendique cette lignée mitterrandienne et j'en suis fière", a-t-elle lancé. Citant une de ses dernières déclarations, en 1993, elle a fait la liste des valeurs qu'il défendait : "le devoir d'unité", "le courage", la "nécessité de changements profonds". "C'est ainsi que je conçois l'exercice de la responsabilité politique et le rôle d'un chef de l'Etat", a-t-elle dit. Citant un peu plus tard Léon Blum ("les besoins des uns sont solidaires de ceux des autres"), elle a assuré : "A nous de faire valoir cet ordre social juste, pour mettre en place ces sécurités durables qui permettront à chacun d'affronter les changements."

Après la profession de foi, l'appel à l'union : tout en faisant l'apologie de la "diversité" présente au sein de "la famille socialiste", elle a souligné le "devoir d'unité" du PS : "sans elle, rien n'est possible (...) Nous savons, au fond de nous-mêmes, que pour convaincre et entraîner les Français, nous devons commencer par regrouper nos propres forces." Avant de lancer un appel aux "Français n'ont pas encore fait le choix", à "toutes celles et toux ceux qui veulent que ça change et que la France se redresse", en assurant : "oui, une autre France est possible !"

Dénonciation de la "société de ghetto" et de "l'immigration choisie"

Embrayant sur une thématique qu'elle a déjà abordée, celle de la "valeur travail", elle a accusé la droite d'avoir "détruit cette valeur", puis mis l'accent sur la justice sociale en dénonçant une "société de ghetto". Dans une virulente charge contre Nicolas Sarkozy, elle a aussi dénoncé comme "insupportable" la politique d'immigration choisie. "Voyez ce qu'organise le ministre de l'intérieur, l'immigration choisie, mais qu'est ce que cela veut dire ? On irait piller la matière grise de ces pays après avoir pillé pendant des années et des années leurs matières premières en tant que pays colonisé ?" 

Et alors que seuls 28 % des Français lui font confiance pour régler de graves crises internationales (sondage IFOP pour Dimanche Ouest France), Ségolène Royal s'est aussi risquée sur le thème de la politique étrangère, notamment en dénonçant le "simplisme" de la théorie de "l'axe du mal" défendue par George W. Bush, et en s'attaquant aux "guerres préventives".

Bousculade à l'arrivée de Ségolène : trois blessés légers

L'arrivée de Ségolène Royal à la Fête de la rose de Frangy en Bresse, a provoqué dimanche une énorme bousculade, avec trois blessés légers parmi l'assistance, selon la Croix-Rouge. Plus de 80 journalistes, français et étrangers (contre une vingtaine les autres années), attendaient la candidate supposée à l'investiture présidentielle socialiste, dans ce petit village de 600 habitants qui invite chaque année à sa Fête une personnalité nationale du parti. Son arrivée a provoqué "un tsunami", selon les termes du président de région, François Patriat, les sympathisants voulant approcher Ségolène Royal tandis que les médias, notamment télévisés, faisaient rempart. Trois personnes ont été blessées légèrement par des coups de caméra, selon les responsables de la Croix-Rouge, dont deux au cuir chevelu et un à l'oeil.

Image LCI. Ségolène Royal lors de son discours-programme à Frangy-en-Bresse - DR

Par Par Franck LEFEBVRE avec Stéphanie MORBOIS le 19 août 2006 à 16:29
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15 Commentaires

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  • David, le 21/08/2006 à 13h57

    A lecture de l'article ça fait un peu Bête de foire bien que a y regarder de plus pres !!!

  • Alain, le 21/08/2006 à 13h55

    Heritage Mitterrandien pour avoir ete decore de la Francisque en 1941 ou bien pour son passe cagoulard???

  • JFR, le 21/08/2006 à 13h54

    Enfin une nouvelle tete dans le paysage politique qui n'hésite pas à dire certaines vérités y compris sur son camp... Quelle fraicheur au milieu de tous les mammouth de gauche ... et les politiques du show bizz accro au pouvoir de droite !!

  • Dna, le 21/08/2006 à 11h27

    Les annees mitterand, bel exemple...

  • Jean-paul, le 21/08/2006 à 10h41

    Elle a des convictions qui me plaisent beaucoup,maintenant il faudrait l'investir pour 2007.

  • Ali, le 21/08/2006 à 09h54

    Il serait bon que la France ait sa première femme Président de la République.

  • Gerard, le 20/08/2006 à 18h42

    J'ai regardé son discours sur LCI. Impression générale: échec. Elle n'a pas soulevé un grand enthousiasme avec une intervention qui n'a rien apporté de vraiment nouveau dans son positionnement. Elle est restée à un niveau très générale, pas très concret, sans avancer de propositions concrètes: on est resté au niveau des formules sans contenu concret tels que "rétablir la valeur(travail", "république du respect", "relancer l'Europe par l'écologie et la recherche", "codéveloppement avec l'Afrique". Elle ne peux que décevoir ceux qui attendaient un grand discours fondateur de sa campagne électoral. On ne retiendra que sa revendication de l'héritage de Mitterand (elle nous fait le coup de la "rupture dans la continuité"). Pas non plus de grand battage médiatique autour de ce discour à prévoir. Rien à voir avec Bondy. Pour moi, elle patine. Elle ne réussi pas à passé à l’étape suivante, celle qui consiste à donner corps à son projet politique. Elle a eu son quart d'heure de gloire médiatique. Place maintenant à la Rochelle et à DSK. Est-ce que son discours-programme de rentrée sera diffusé par LCI?

  • Un artiste en colère, le 20/08/2006 à 18h12

    Si ! La gauche a un programme : la suppression des lois DADVSI. Je voterai pour Ségolène rien que pour ça.

  • Paul, le 20/08/2006 à 17h33

    Il faudrait que les socialistes reprennent le programme de 2002 qui a été trop vite abandonné malheureusement.

  • Sam, le 20/08/2006 à 15h11

    Pour l'instant, Ségo fait plus figure de mascote que de candidat. Pourrait-on espérer une politique à la Blair qui sorte la France de son chomage chronique ou s'agit'il d'un bel enrobage pour continuer à ne rien faire ?

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