Depuis 1976, Youssef Amoura, de son vrai nom, utilisait le nom de son ami, Joseph Zaoui. Il a été reconnu coupable jeudi "d'usurpation d'identité" mais a cependant été dispensé de peine. Le quinquagénaire qui a notamment bénéficié de la prescription, a en outre été relaxé des poursuites pour "faux et usage de faux documents administratifs". La justice a toutefois été dans l'obligation de le reconnaître coupable afin d'être en mesure de lui redonner son identité d'origine.
Durant l'audience, Youssef Amoura a expliqué avoir volé à 21 ans, la carte d'identité de son ami de l'époque, Aimé Zaoui, grâce à laquelle il a ensuite fait refaire sans souci l'ensemble de ses papiers. L'usurpateur a fait valoir que sous sa nouvelle identité il avait rapidement obtenu une embauche au Club Med, et pu ainsi effectuer de nombreux séjours à l'étranger.
"Il a tué Youssef Amoura pour renaître sous Joseph Zaoui. C'était une manière de s'en sortir. Il a toujours respecté ce nom. Cette identité ne lui a apporté que des bonnes choses", a affirmé l'avocate de M. Amoura, pour qui cette usurpation au détriment d'une personne qu'il admirait lui aurait surtout permis de prendre confiance en lui.
"L'usurpateur usurpé"
Pendant de longues années, le véritable Aimé Zaoui ne s'est rendu compte de rien. Il se serait même interrogé ouvertement sur les remarques formulées quant à l'existence de ce quasi-"double", notamment lors de ses propres démarches administratives.
Comble du comble : au moment de retrouver son identité d'origine, Youssef Amoura a eu une première mauvaise surprise : il a été confondu avec un homonyme ayant eu divers démêlés avec la justice.
De source judiciaire, il pourrait en fait s'agir d'une personne ayant récupéré les anciens papiers de M. Amoura, qu'il avait jetés en 1976. "C'est l'usurpateur usurpé", a ironisé le procureur de la République d'Albertville, Henri-Michel Perret.








