Josiane Balasko en tête de cortège de la manifestation de soutien aux ex-squatteurs de Cachan, le 9 septembre 2006 © TF1/LCIPlusieurs milliers de personnes (3500 selon la police) ont manifesté samedi à Paris en soutien aux anciens squatteurs de Cachan pour obtenir leur relogement, leur régularisation et la scolarisation des enfants. Des personnalités du monde du spectacle (Josiane Balasko, Dieudonné) et de la politique, notamment Jack Lang, Olivier Besancenot ou Arlette Laguillier, étaient présentes.
Le cortège s'est ébranlé aux environs de 15h, place de la République pour se rendre place Saint-Augustin, dans le 8e arrondissement. Certains manifestants scandaient "800 m2 pour les ministres, 8 m2 pour les malheureux". Un imposant dispositif d'ordre avait été installé au carrefour du boulevard Haussmann, boulevard des Italiens et de la rue de Richelieu.
"Soutenir ces gens qui se battent depuis longtemps est logique. Les expulser est inutile car ils vont rester et continuer à être exploités", a affirmé Josiane Balasko. "Cette forte mobilisation est une bonne surprise, a ajouté Jean-Baptiste Eyraud, président de Droit au logement (DAL). Elle montre que nous avons encore des réservoirs. Nous demandons des mesures d'apaisement pour sortir de l'impasse."
Le tribunal doit statuer en urgence
Depuis leur expulsion par les forces de l'ordre, le 17 août, du plus grand squat de France, une ancienne résidence universitaire qui fut occupée durant trois ans, les centaines d'ex-squatteurs ont trouvé refuge dans un gymnase de la ville de Cachan. Le maire espérait le voir libéré à la rentrée scolaire. Vendredi, le maire de Limeil-Brévannes, dans le Val-de-Marne, Joseph Rossignol, a pris un arrêté afin de réquisitionner d'anciens locaux du Commissariat à l'énergie atomique pour y reloger les anciens squatteurs, mais le préfet s'y oppose.
Bernard Tomasini a annoncé son intention de saisir le tribunal administratif pour demander l'annulation de cet arrêté, qu'il juge "illégal sur le fond comme sur la forme", invoquant des raisons de salubrité et de sécurité. Le tribunal doit statuer dans les prochains jours en urgence, puis dispose d'un délai d'un mois pour examiner le fond du dossier, ce qui suspend l'arrêté, selon la préfecture.
Solutions "activement recherchées"
"Je demande au préfet, au gouvernement, surtout à la justice d'appliquer la loi de la réquisition", a déclaré lors de la manifestation Fidel Nitiéma, délégué des ex-squatteurs. "Il faut qu'on soit stabilisé afin de relancer le débat autour de la régularisation et des relogements", a-t-il ajouté, dénonçant des conditions de vie "humiliantes" pour les familles qui sont "entassées dans un gymnase".
A l'issue de la manifestation, une délégation d'ex-squatteurs a été reçue par un conseiller technique de Nicolas Sarkozy. "Dans la mesure du possible, des solutions de relogement pérenne dans le parc social sont activement recherchés pour les famille en situation régulière", précise le ministère de l'Intérieur dans un communiqué, selon lequel 92 logements ont été identifiés.
D'après AFP
(Image TF1/LCI -Josiane Balasko en tête de cortège de la manifestation)
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