
"Va te faire enculer sale pédale". Une phrase qui résume à elle seule toute la haine homophobe d'un des sept prévenus qui comparaissent aujourd'hui devant le tribunal correctionnel de Créteil pour "injures et menaces de mort à caractère homophobe".
Tout a commencé mi-juillet à Ivry-sur-Seine. Pendant quatre jours, Laurent et Nicolas ont subi les insultes et les menaces d'un groupe de jeunes âgés de 20 à 30 ans. Un dimanche soir, le couple demande de baisser le niveau sonore d'un poste installé sous leurs fenêtres. En guise de réponse, une violente insulte homophobe.
Cocktail Molotov
Le lendemain, la violence monte d'un cran. L'un des deux hommes se fait agresser physiquement. Son appartement est saccagé, son ordinateur portable détruit. En guise d'explication : une insulte. "Allez vous faire brûler sales pédales", lancent les agresseurs. Les insultes continueront jusqu'au jet d'un cocktail Molotov, après lequel le couple se décide à déménager.
En début d'après-midi, ce mardi, au tribunal correctionnel de Créteil, les sept jeunes seront sur le banc des accusés. Parmi eux, les deux hommes, soupçonnés d'avoir jeté le cocktail Molotov au domicile des homosexuels seront également jugés pour tentative de dégradation par moyen incendiaire.
Cas tristement similaire : trois jeunes hommes ont été mis en examen et écroués dans le cadre de l'enquête sur la violente agression d'un homosexuel de 28 ans retrouvé nu le 21 juillet dans un parc de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, a indiqué mardi le parquet de Créteil. Les trois jeunes gens, deux âgés de 20 ans et un de 22 ans, ont été interpellés jeudi dans une cité sensible de Thiais (Val-de-Marne). Ils ont été mis en examen samedi pour tentative d'homicide volontaire, enlèvement et séquestration, actes de torture et de barbarie avec la circonstance aggravante de l'orientation sexuelle de la victime, a précisé le parquet. Un quatrième complice de l'agression est toujours recherché par les enquêteurs.
Des associations diffusent des "consignes de sécurité" Des associations déplorant "une recrudescence des agressions homophobes" ont commencé à diffuser des "consignes de sécurité" aux homosexuels qui souhaitent faire des rencontres. "Au premier rendez-vous, préférez un lieu public (un bar par exemple), ne donnez pas le téléphone de votre domicile", écrit l'association des policiers gays et lesbiens, Flag !, sur son site internet. De son côté, le président de SOS Homophobie, Jacques Lizé, explique que "toutes les associations concernées par la lutte contre l'homophobie ont créé une cellule de crise en avril suite à une vague d'agressions à Paris et Orléans, et sont en train de mettre en place un système de veille commun".
Retour MYTF1
Chargement en cours...



