Image d'archives © TF1-LCIJean-Paul Huchon est poursuivi pour prise illégale d'intérêt liée notamment à l'emploi de son épouse au sein de la collectivité et à des passations de marchés. Le procès du président socialiste du conseil régional d'Ile-de-France se tiendra à partir du 8 janvier 2007, pour une semaine, au tribunal correctionnel de Paris.
"La lecture des éléments retenus par l'accusation (lors de l'audience de mardi) démontre que la présomption d'emplois fictifs par la région Ile-de-France a été écartée par le procureur de la République, notamment en ce qui concerne Mme Dominique Le Texier-Huchon", a tenu à souligner mardi l'avocat de l'élu, Me Philippe Dehapiot. Mais si la réalité de la prestation fournie par l'épouse n'est pas discutée, le parquet considère en revanche, que Jean-Paul Huchon ne pouvait pas légalement passer des contrats au nom du conseil régional avec les sociétés où elle travaillait.
Il encourt une inéligibilité de dix ans
Le procès devait initialement se tenir à la fin du mois de novembre mais l'avocat la défense a fait valoir que cette période n'était pas judicieuse, notamment en raison des dates de désignation du candidat socialiste à l'élection présidentielle : Jean-Paul Huchon, qui préside la région Ile-de-France depuis 1998 à la tête d'une coalition PS-Verts, est en effet proche de Dominique Strauss-Kahn, candidat à l'investiture pour la présidentielle de 2007.
Sa femme, Dominique Le Texier-Huchon, sera jugée à ses côtés pour "recel de prise illégale d'intérêts". Le dossier porte notamment sur des marchés passés entre le conseil régional et trois sociétés de conseil et de communication où elle travaillait. Quatre audiences, les 8, 9, 10 et 15 janvier ont été retenues par les juges. Jean-Paul Huchon encourt une peine maximale de cinq ans de prison, 75.000 euros d'amende et une inéligibilité de dix ans, en principe automatique dès que la culpabilité est reconnue.
"Il s'agit d'opérations publiques, qui ont fait l'objet de cinq contrôles successifs : contrôle de l'administration régionale, vote des élus régionaux alors que le président Huchon ne disposait pas d'une majorité, contrôle des services préfectoraux (contrôle de légalité), contrôle du ministère des finances et de la chambre régionale des comptes", a assuré mardi Me Dehapiot. "Ces contrôles n'ont pas relevé l'existence d'irrégularités. Les actions étaient publiques, transparentes et conformes à l'intérêt régional".
Photo d'ouverture : Jean-Paul Huchon - AFP
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