Cours d'informatique dans une école.Au téléphone, sa voix est posée, claire, enjouée ; Jeannine Briffa est heureuse. A 49 ans, au chômage depuis trois ans, cette habitante de Lavardac, petite ville de 2300 habitants du Lot-et-Garonne, vient de retrouver un emploi. Sa nouvelle mission : épauler la directrice de l'école primaire de la commune dans la gestion de ses six classes et de ses 159 élèves.
Jeannine est l'une des quelque 30 000 personnes recrutées comme "employés de vie scolaire" (EVS) pour aider dans leurs tâches les chefs d'établissement. 41 000 écoles sur 52 000 ont demandé à pouvoir bénéficier de l'aide de ces personnels dont les embauches ont été débloquées à la suite d'un mouvement de grève administrative mené depuis 1999 par les directeurs d'école.
"J'ai une identité sociale"
Jeannine a été contactée par l'ANPE au printemps dernier. L'annonce à laquelle elle a postulé demandait un "assistant administratif du directeur d'école". Cette secrétaire de formation saisit l'occasion. Elle passe un entretien et signe son contrat appelé "contrat d'avenir". "Je trouve ça un peu ironique, dit-elle. Il est prévu pour durer 10 mois et on m'a prévenue qu'il ne pourrait pas être reconduit." Silence. Elle ajoute : "Mais même si je n'ai pas encore commencé à travailler, depuis, je me sens utile, j'ai une identité sociale". Ces contrats d'avenir sont destinés prioritairement aux bénéficiaires du RMI. L'emploi est payé 900 euros brut pour 26 heures de travail par semaine.
Jeannine avait hâte de commencer. Vendredi, elle a effectué sa pré-rentrée et découvert sa directrice, "une personne charmante. Je me sens vraiment en confiance", constate-t-elle. Aucune appréhension dans sa voix. Cette maman de quatre enfants ne se fait aucun souci pour les élèves. Son premier travail a consisté à taper la liste des classes. Elle a d'ailleurs déjà mémorisé quelques prénoms.
(Image d'archives/TF1/LCI)
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