© DRAussi compliquée à organiser qu'un duel télévisé de second tour cette première confrontation entre socialistes ! Tout, dans l'organisation concrète de ce rendez-vous entre les candidats potentiels ou déclarés à l'investiture socialiste pour 2007, a été pensé par la fédération du Pas-de-Calais pour éviter qu'il ne tourne à la foire d'empoigne. D'autant que LCI retransmettra l'événement en direct.
Parce qu'elle a un engagement de longue date à Madrid, Ségolène Royal parlera la première, à 9h30, avant de s'éclipser. Certains dans l'entourage de la députée des Deux-Sèvres étaient partisans qu'elle reste plus longtemps. Mais elle a maintenu son agenda pour participer au congrès du Parti socialiste espagnol l'après-midi et rencontrer José Luis Zapatero le soir.
Ne pas abîmer le champion
Chez ses rivaux, personne ne fait la fine bouche. "L'essentiel est que ce débat ait lieu", affirme l'entourage d'un prétendant. Pas question en effet, à en croire les partisans de Laurent Fabius et de Dominique Strauss-Kahn, de transformer l'exercice en meeting anti-Royal. Ce serait le plus sûr moyen de torpiller l'organisation d'autres débats dont François Hollande craint qu'il n' "abîment" le futur candidat contre la droite. "Nous ne voudrions pas qu'on utilise des incidents mineurs pour en rajouter sur la difficulté d'organiser des débats maîtrisés", explique le strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis.
Tous les concurrents de Ségolène Royal tablent en effet sur des manifestations de ce type pour permettre aux adhérents qui éliront le candidat en novembre de se forger une opinion en fonction des orientations des postulants. "Nous avons un gros point d'accord avec Jospin, Lang et Strauss-Kahn: on ne gagnera pas en 2007 en donnant un sentiment de flou sur les propositions", affirme Claude Bartolone, proche de Laurent Fabius.
20 minutes pour convaincre...
Personne ne lève non plus le sourcil à la tenue de cette réunion à Lens (plus de 700 militants socialistes), dont le maire Guy Delcourt est un fervent partisan de Lionel Jospin. Tous les courants s'appliquent au contraire à rappeler "la tradition socialiste, ouvrière, populaire" de l'ex-cité minière, selon le mot de Jack Lang, député du Pas-de-Calais. Chacun des prétendants disposera de 20 minutes seulement, consacrées en partie - s'il le veut - à répondre à des questions des militants. Pour éviter tout incident (l'épisode de Quimperlé entre Ségolène Royal et Nolwenn est encore dans les esprits), elles seront posées par écrit, et une petite commission en fera le tri.
Tout en ayant "plaisir" à parler devant les adhérents socialistes, la présidente de Poitou-Charentes juge néanmoins "prématurée" la réunion, selon son porte-parole Arnaud Montebourg, car certains de ceux qui seront sur l'estrade "ne seront pas candidats" au soir du 3 octobre, date-limite du dépôt des candidatures. "Le parti ne maîtrise pas l'organisation du débat", déplore le député de la Bresse.
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