Mariage gay : Sarkozy "opposé", Jospin "favorable"

le 01 septembre 2006 à 18h56 , mis à jour le 01 septembre 2006 à 20h13

Le président de l'UMP se dit opposé au mariage et à l'adoption des couples homosexuels mais pour la création d'un autre système que le Pacs. Il y a quelques jours, à l'occasion de l'université d'été du PS, Lionel Jospin s'y était déclaré favorable.

LCI-TF1, Nicolas Sarkozy le 30 août 2006Nicolas Sarkozy le 30 août 2006 © LCI

Le thème promet d'être l'un des pavés de la mare présidentielle. Huit mois avant l'élection, le patron de l'UMP Nicolas Sarkozy se dit "opposé" au mariage homosexuel, tandis que l'ancien Premier ministre PS Lionel Jospin s'y déclare finalement "favorable", confirmant un très net clivage droite-gauche sur cette question. Le mariage homosexuel, "j'y ai beaucoup réfléchi et j'y suis opposé, tout comme à l'adoption d'enfants par des couples homosexuels", affirme, dans le Figaro Magazine, Nicolas Sarkozy, qui gardait jusqu'ici le silence sur cette question.  

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L'Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans (Inter-LGBT) a aussitôt déploré que "M. Sarkozy applique la méthode de son Premier ministre sur le CPE: il décide d'abord, il consulte après!". Son porte-parole, Alain Piriou, affirme que "Nicolas Sarkozy n'a même pas attendu les résultats de la mission de réflexion sur ce thème qu'il avait confiée" à l'ancien ministre Luc Ferry "qui n'entamera ses auditions que la semaine prochaine".

Jean-Luc Romero, président du parti associé à l'UMP "Aujourd'hui, Autrement", a estimé que l'opposition de Nicolas Sarkozy au mariage gay était "une maladresse à l'égard des homosexuels". "En disant cela, il conforte involontairement les plus extrémistes de l'UMP, tels que Christian Vanneste, récemment condamné par le tribunal correctionnel de Lille, dans leurs discours homophobes, réactionnaires et en total décalage avec le mouvement qui se dessine en Europe de l'ouest", a affirmé Jean-Luc Romero.

"Vision conservatrice"

Le parti socialiste a affirmé vendredi que Nicolas Sarkozy "reste arc-bouté sur une vision conservatrice". "Il succombe aux pressions de l'aile la plus conservatrice de son électorat et donne satisfaction à ceux qui à l'UMP se sont déclarés contre le mariage pour les couples de même sexe, souvent de manière homophobe", déclare Adeline Hazan, secrétaire nationale aux Droits de l'Homme dans un communiqué. "Loin de la rupture qu'il invoque, il se montre incapable d'aller au-delà d'une conception traditionnelle du couple", ajoute-t-elle.

Le 26 août, Lionel Jospin s'était rangé derrière le PS en disant sobrement : "Le parti a pris une position, en se déclarant favorable au mariage entre hommes ou femmes et à l'adoption. Cette position est la mienne". A l'automne 1998, lorsqu'il dirigeait le gouvernement, Lionel Jospin n'avait pas manifesté un grand enthousiasme au moment des débats parlementaires sur le Pacs. Puis, en mai 2004, sans aucune ambiguïté, il avait écrit sa conviction : "Le mariage est dans son principe et comme institution l'union d'un homme et d'une femme". Aujourd'hui, L'ancien Premier ministre commente ainsi son ralliement au projet PS : "Ce n'est pas à un individu, fût-il en responsabilité, de projeter sa sensibilité sur des débats de cette nature".

Entre "clarté" et "imposture"

La députée UMP Christine Boutin, présidente du Forum des républicains sociaux, "salue la clarté de la position" de Nicolas Sarkozy. La question "pose celle de la place de la famille dans la société française", a-t-elle estimé dans un communiqué. "Le candidat de la droite aux prochaines élections présidentielles aura à répondre à cette question centrale et décisive pour l'avenir de notre société et de notre cohésion sociale", a souligné la possible candidate à l'élection présidentielle.

Le président du Mouvement pour la France (MPF), Philippe de Villiers, a quant à lui dénoncé vendredi dans un communiqué "la nouvelle imposture" de Nicolas Sarkozy à propos du mariage homosexuel. Le président de l'UMP "se déclare à la fois contre le mariage homosexuel et pour la mise en place d'un système qui garantit l'égalité entre les couples homosexuels et les couples hétérosexuels", a-t-il déclaré. "En préconisant cette égalité, il vide de sa substance le mariage hétérosexuel", ajoute-t-il en demandant l'inscription dans la Constitution du mariage "constitué d'un homme et d'une femme".

D'après AFP

(Photo TF1-LCI - archive : Nicolas Sarkozy, le 30 août)

le 01 septembre 2006 à 18:56
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