© AFP/Jack GUEZLe procès des "faux électeurs" du IIIe arrondissement de Paris s'est ouvert lundi, aboutissement de 17 ans d'enquête sur une affaire dont le principal mis en examen est une des figures politiques de la capitale : Jacques Dominati.
Avec 14 autres personnes, dont ses deux fils, Laurent, 46 ans, conseiller UMP de Paris, et Philippe, 52 ans, sénateur parisien de même étiquette, il doit répondre devant la XVIe chambre du tribunal correctionnel de Paris de "manoeuvres frauduleuses" ayant "porté atteinte à la sincérité" des élections municipales de 1989 et 1995. Selon l'accusation, Jacques Dominati et ses proches, avec l'aide de la section RPR de Paris, ont inscrit massivement des sympathisants habitant dans d'autres quartiers ou en banlieue sur les listes du IIIe parce que son siège semblait menacé aux municipales de 1989.
"Il y a un grand absent, c'est le chef de l'Etat"A 79 ans, Jacques Dominati est aujourd'hui simple retraité mais il fut le maire UDF de cet arrondissement du centre de Paris de 1983 à 1995, année où l'enquête avait pu réellement démarrer même si les premières plaintes remontaient à 1989. La gauche avait en effet conquis le IIIe aux municipales de 1995 et le Vert Yves Contassot, arrivé au pouvoir dans cet arrondissement avec les socialistes, avait trouvé dans le disque dur d'un ordinateur de la mairie des fichiers recensant ce qu'il estime être des faux électeurs. Il est d'ailleurs partie civile dans ce procès qui doit se tenir jusqu'au 31 octobre.
"Il y a un grand absent, c'est le chef de l'Etat" Jacques Chirac, alors maire RPR de Paris, a dénoncé avant l'audience l'élu vert. "J'espère que les débats permettront de voir jusqu'où cela remontait dans la hiérarchie municipale et politique, et qu'enfin on saura qui avait donné les ordres", a-t-il ajouté. "On voit bien que Paris était sous la coupe d'un parti politique au profit exclusif du parti et de ses amis", a-t-il insisté.
"Cela fait des années que je suis présumé coupable et mes adversaires politiques surexploitent cette affaire pour me nuire", lançait Laurent Dominati, disant "attendre d'être enfin délivré de ce boulet". Son père Jacques assurait être "content d'être entendu par le tribunal". "En 17 ans, j'ai été entendu une fois", a-t-il souligné, estimant que, durant ce procès, "il y a un certain nombre de choses qui j'espère vont apparaître".
(D'après AFP)
(Jacques Dominati en 2002. AFP Photo Jack GUEZ)
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