Jean-Marie Le Pen lors de la "fête des Tricolores" à Saint-Martin-de-Crau © DRLa "rupture", chère à Nicolas Sarkozy ? Il n'a pas de mots assez durs pour l'attaquer. Quant à Nicolas Sarkozy lui-même, il ne manque pas une occasion de rappeler son parcours en politique, comme élu et au sein du gouvernement. Dimanche à Saint-Martin-de-Crau, dans les Bouches-du-Rhône, Jean-Marie Le Pen a longuement ironisé lors des universités d'été du FN tout à la fois sur le président de l'UMP, et sur son thème de prédilection, qui ont concentré l'essentiel de ses piques.
"Il nous avoue tout simplement qu'il y a 30 ans qu'il est dans la vie politique, et ceci d'une manière active", a-t-il lancé à propos du président de l'UMP et ministre de l'Intérieur. "Il a occupé tous les postes de la République possibles et imaginables. Il a été conseiller municipal, il a été maire, il a été conseiller général, il est encore président du conseil général des Hauts-de-Seine après avoir été maire de Neuilly, il a été député national, il a été député européen, il a été ministre des Finances, ministre de l'Intérieur. Et c'est lui qui ose venir nous dire aujourd'hui : je suis partisan de la rupture !"
"Sarko l'Américain fait comme Schwarzenegger, comme Bush..."
Un peu plus tôt, commentant avant son intervention le discours de clôture de Nicolas Sarkozy à l'université d'été de l'UMP, Jean-Marie Le Pen avait encore ironisé : "nous sommes en campagne électorale, et Sarko l'Américain fait comme Schwarzenegger, comme Bush, comme Clinton (...) il nous fait une campagne à la Hollywood". Jean-Marie Le Pen a également observé goguenard le duel Sarkozy/Royal, une "bulle médiatique" qui ne saurait durer, tant il est persuadé qu'il sera opposé au second tour à Lionel Jospin en 2007.
Revenant par ailleurs longuement sur le thème de l'immigration, le chef du FN a accusé les pouvoirs publics de "mentir effrontément" sur les arrivées d'étrangers en France. La France accueille "500.000 nouveaux immigrés par an", venus du monde entier et attirés par le système d'assistance "le plus généreux du monde", a-t-il dit. "Mais n'en veuillez pas aux immigrés, cette responsabilité n'est pas la leur, elle est celle" des partis "de droite et de gauche qui ont le pouvoir depuis 30 ans". Jean-Marie Le Pen a aussi lancé un appel aux agriculteurs, promettant de lancer prochainement une "marche verte" à travers le pays, s'achevant à Paris en fin de campagne présidentielle. "Je ne laisserai pas Bruxelles vous conduire à l'abattoir", a déclaré le chef du FN, qui d'une manière plus générale a dénoncé l'Europe "grosse méduse molle incapable d'assurer les tâches qui lui sont confiées".
Photo d'ouverture : Jean-Marie Le Pen lors de la "fête des Tricolores" à Saint-Martin-de-Crau - DR
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