Tribunal correctionnel de Paris © LCIXavier Niel, fondateur d'Iliad et considéré comme l'un des pionniers de l'Internet en France, a comparu jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris avec plusieurs gérants de sex-shops - dans lesquels il avait investi -, poursuivis pour des faits de proxénétisme. Au premier jour de ce procès qui doit durer jusqu'au 21 septembre, la 11e chambre du tribunal correctionnel a commencé à s'intéresser aux activités du sex-shop baptisé Roxane et installé à Strasbourg, l'un des trois établissements dans lesquels Xavier Niel avait placé de l'argent.
Aujourd'hui vice-président du conseil d'administration et directeur général délégué à la stratégie d'Iliad, maison-mère du fournisseur d'accès Free, Xavier Niel est poursuivi pour "recel d'abus de biens sociaux". L'accusation le soupçonne d'avoir notamment empoché près de 5000 euros par mois en espèces sur les recettes d'un de ces sex-shops. Au total, la somme qu'il aurait ainsi accumulée sur trois ans avoisinerait 200.000 euros, selon l'estimation qu'il a lui-même donnée dans les colonnes du Monde.
"J'ai fait une connerie, je serai jugé et condamné"
D'abord mis en examen pour "proxénétisme aggravé" et incarcéré pendant un mois, Xavier Niel avait finalement été lavé de cette accusation par un non-lieu rendu le 30 août 2005 par le juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke. Il ne résultait pas "avec certitude" des investigations faites par les enquêteurs que Xavier Niel avait eu connaissance "de la nature exacte des activités des salariées" du sex-shop Roxane, selon une source judiciaire. Les gérants de cet établissement, interrogés jeudi par le tribunal, étaient en revanche bien au courant. Mario Cesca, gérant du Roxane, a ainsi reconnu que les "artistes visuelles" de son magasin pratiquaient des "attouchements à nature sexuelle".
Le tribunal ne devrait s'intéresser aux éléments concernant précisément Xavier Niel qu'au début de la semaine prochaine. Le fondateur d'Iliad a pour sa part reconnu les faits qui lui étaient reprochés. "J'ai fait une connerie, je serai jugé et condamné", a-t-il récemment déclaré à la presse, s'abstenant en revanche de tout commentaire jeudi.
Photo d'ouverture : le tribunal correctionnel de Paris - DR
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