Pour Lionel Jospin, la campagne interne au Parti socialiste pour désigner son candidat à l'élection présidentielle "commence maintenant". Sur France Inter, lundi matin, l'ex locataire de Matignon s'est dit "attentif aux sondages" qui placent largement en tête Ségolène Royal.
"Il nous reste un mois", pour faire acte de candidature a souligné Lionel Jospin. "Si cela a un sens pour les Français, si ça peut rassembler les socialistes, alors effectivement je me sens apte à assumer cette mission et donc l'idée d'être candidat à la candidature au sein du Parti socialiste, je la concrétiserai." "Mais si ces éléments ne me paraissent pas réunis à ce moment-là, je prendrai aussi ma décision et sans doute une autre décision", a-t-il ajouté.
Lionel Jospin n'a pas dit s'il serait ou non candidat à l'investiture, indiquant qu'il n'avait "à donner cette réponse que le 3 octobre", date limite de dépôt des candidatures. "Je veux que les préoccupations des Français soient débattues et, pour ce qui concerne les socialistes, qu'ils fassent leur choix les yeux ouverts". "J'ai décidé de participer à ce débat, c'est la motivation de ma présence", a-t-il expliqué. "Je sais que je suis capable d'assumer la charge de chef de l'Etat", a-t-il déclaré.
Sarkozy trop "pro-américain"
Lionel Jospin, à l'instar de François Hollande lors de son discours de clôture de l'université d'été du PS, a critiqué ouvertement Nicolas Sarkozy. "Je constate qu'il ne propose pas de rompre avec une politique sociale et fiscale injuste." Lionel Jospin a ainsi reproché au ministre de l'Intérieur de vouloir supprimer les droits de succession "pour les plus fortunés", de"remettre en cause le droit de grève" et de "supprimer les suppléments de salaires pour les heures supplémentaires".
"Par contre, il propose de rompre avec des éléments qui sont pour moi essentiels à l'identité de la France", a-t-il ajouté. "Je pense, par exemple, à un certain équilibre entre l'économique et le social, que son approche étroitement libérale et ses liens excessifs avec le monde patronal ne rendraient pas possible." Lionel Jospin reproche également à Nicolas Sarkozy d'être "trop pro-américain" et de ne pas "avoir un mot pour regretter" l'intervention des Etats-Unis en Irak.
Dubitatif sur la proposition de Royal
N'épargnant pas non plus Ségolène Royal, Lionel Jospin s'est déclaré "un peu surpris", par la proposition de mettre "une deuxième personne dans les classes", à côté de l'enseignant, là où règne de l'indiscipline. "J'imagine assez mal un professeur bien né ou normal, ils sont tous bien nés et normaux, accepter dans sa classe une deuxième personne chargée de faire la discipline", a affirmé l'ancien Premier ministre.
"Par contre, a-t-il ajouté, je pense que les professeurs sont en droit d'attendre le soutien de l'administration et de l'équipe pédagogique, que les emplois-jeunes peuvent être utiles". Certes, a dit Lionel Jospin, il faut "veiller à la discipline" mais "je ne suis pas sûr que cette idée puisse être reçue par le monde enseignant".





