Le procès des "faux électeurs"

le 11 septembre 2006 à 05h00 , mis à jour le 08 septembre 2006 à 18h51

17 ans après la première plainte, le procès des faux électeurs du IIIe arr s'ouvre lundi. Les prévenus doivent répondre de "manoeuvres frauduleuses" lors des municipales de 1989 et 1995.

[Expiré] [Expiré] Jacques Dominati Faux électeurs IIIe arrondissement © AFP/Jack GUEZ

Dix-sept ans après la première plainte, le procès des faux électeurs du IIIe arrondissement de Paris s'ouvre lundi dans la capitale. Une des figures historiques, Jacques Dominati, doit répondre de "manoeuvres frauduleuses" pour le truquage présumé des municipales de 1989 et 1995. A 79 ans, désormais sans mandat, il comparaît avec 14 personnes, dont ses fils Laurent, 46 ans, conseiller UMP de Paris, et Philippe, 52 ans, sénateur parisien de même étiquette. Seront aussi à la barre d'anciens adjoints ou collaborateurs de Jacques Dominati, comme Laurent De Gaulle, petit-neveu du général et ancien chef de cabinet, des proches ainsi que des militants et responsables RPR, dont Guy Legris, ex-président de la section de Paris.

L'affaire débute en 1988, quand la citadelle RPR de Paris se lézarde et la réélection de l'UDF Jacques Dominati l'an suivant dans le IIIe semble menacée. Ce quartier central de Paris pourrait compromettre le "grand chelem" que veut réaliser le maire Jacques Chirac, pied de nez à la gauche de François Mitterrand qui gouverne. En janvier 1989, juste avant les municipales de mars, des électeurs portent plainte après les affirmations du Canard Enchaîné selon lesquelles la capitale est victime de fraudes.

"Derrière il y a Jacques Chirac"

Mais l'affaire piétine jusqu'en 1995, quand la gauche prend le IIIe : l'élu vert Yves Contassot remet au juge des fichiers de "faux électeurs" qu'il raconte avoir trouvés sur le disque dur d'un ordinateur laissé par la majorité précédente. Ces fichiers recensent des électeurs avec deux adresses, l'une dans le IIIe, l'autre ailleurs, accompagnés de la mention HA - pour hors arrondissement - et du nom d'un "contact", des proches ou collaborateurs du maire. Les enquêteurs démontent alors, selon l'accusation, un système où des proches des Dominati, mais aussi des personnes en mal d'appartements ou de places à la crèche, sans compter des commerçants, militants ou employés de la ville, étaient incités à s'inscrire dans le IIIe, avec l'appui de la section RPR.

Jacques Dominati n'a vu là que "pratique courante", "coutume républicaine", mais le juge remarque que, pour 1989, l'enquête a recensé "327 électeurs indûment inscrits" alors que le maire n'a été réélu qu'avec 20 voix d'avance au 1er tour. "J'aimerais qu'au cours du procès, on réaffirme que c'était un système organisé parisien et pas seulement les turpitudes d'élus d'arrondissement", dit à l'AFP Yves Contassot, selon qui "derrière, il y avait quand même l'ancien maire de Paris" Jacques Chirac. Et de rappeler que la justice doit encore se pencher sur un cas similaire dans le Ve. "17 ans, cela doit être un des records de l'instruction en France. Cela en dit long sur le fait que, dès que l'on touche à des hommes politiques de haut niveau, tous les moyens sont utilisés pour que la justice ne fasse pas son travail", accuse l'élu qui est partie civile.

Laurent Dominati a lui aussi trouvé le temps long, au point d'avoir intenté à l'Etat un procès pour délai abusif auprès de la Cour européenne de justice. "J'ai vécu quatre campagnes électorales en étant traité de voleur, d'assassin, de fraudeur, de mafieux, tout ce qu'on veut", dit-il à l'AFP, assurant être victime d'une "surexploitation politique et médiatique" dans cette affaire où il n'apparaît que de manière "marginale".

En mission sénatoriale en Inde, son frère manquera le début de ce procès qui doit se tenir les lundis, mardis et mercredis après-midi devant la XVIe chambre du tribunal correctionnel de Paris jusqu'au 31 octobre. (D'après AFP)

(Jacques Dominati en 2002. AFP Photo Jack GUEZ)

le 11 septembre 2006 à 05:00
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3 Commentaires

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  • Alain, le 11/09/2006 à 09h27

    Le résultat prévisible : Quelques mois avec sursis et une amende symbolique. Tout ça après dix-sept ans d'enquète et six semaines de procès. Qui après ça osera prétendre que la justice manque de moyens alors qu'on les gaspille de cette façon !

  • Bazin, le 11/09/2006 à 09h14

    ENFIN, pour CHIRAC et MME c'est pour quand?

  • Xavier, le 11/09/2006 à 08h07

    17 ans ! pour fraude éléctoral ! et en plus ce n'est qu'un arrondissement. Les autres on sait pas .... Et ces gens se gargarisent de démocratie. On connaissait les pratiques communistes, maintenant on est fixé sur les pratiques Chirac et compagnie. Savent-ils au moins ce que cela veut dire démocratie ? Plus de la moitié des français ne sont pas représentés à l'Assemblée Nationale. Les français ne sont-ils pas dignes d'être représentés dans les forces politiques et économiques de leur pays ? Est-ce qu'ils vont continuer à voter pour cette oligarchie (pouvoir d'une élite) ? Je suis dégouté du niveau politique et intellectuel de la France. Merci a TF1 de pouvoir m'exprimer.

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