Gilles de Robien, au Collège Condorcet de Nîmes, vendredi 1er Septembre © TF1-LCIIl est venu "en signe de solidarité". Le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien a affirmé vendredi aux enseignants du collège Condorcet de Nîmes que leur stigmatisation - l'établissement a été classé "le plus dangereux" de France par Le Point - n'était "pas méritée".
Le ministre, qui devait se rendre dans l'académie de Montpellier pour la rentrée des enseignants, a décidé au dernier moment de faire un crochet par ce collège, dont l'équipe a été abasourdie par la publication de ces chiffres. "Je les ai senti blessés, en colère, ils ont un fort sentiment d'injustice", a déclaré à la presse le ministre qui s'est entretenu avec la cinquantaine d'enseignants du collège, à huis clos, pendant une heure. "Je leur ai dit qu'ils ne devaient pas être traumatisés, qu'ils devaient garder la tête haute", a-t-il ajouté, en précisant que dans le cadre de la relance des Zones d'éducation prioritaire (ZEP), le collège Condorcet bénéficiait à cette rentrée de sept enseignants supplémentaires et 22 assistants pédagogiques.
"Les chiffres (du Point, ndlr) sont vrais mais incomplets, on ne peut pas comparer un collège de 100 élèves à un collège de 500", a-t-il expliqué. Il a également regretté que ce classement "tombe mal dans le calendrier" : "Ce n'est pas fait pour donner le moral à ceux qui se dévouent pour les jeunes avec passion, générosité et amour".
Enseignants "écoeurés"
Les enseignants de ce collège de 560 élèves ont assuré avoir été écoeurés des "amalgames" de cette enquête. "Regardez le danger autour de vous!", se sont-ils exclamés. "On n'a pas peur", ont-ils tous certifié, en jurant "ne pas demander (leur) mutation".
"Quand j'ai entendu à la radio qu'il y avait un classement, je m'attendais à Argenteuil ou Saint-Denis mais nous!", s'étouffe Laetitia Renaud, professeur de mathématiques, qui ne nie pas "des problèmes". Pour Dominique Robles, fringante enseignante de lettres classiques en poste à Condorcet depuis huit ans, il y a certes "des élèves difficiles" mais le collège est situé au coeur d'un quartier défavorisé. "On lutte pour donner à ces gamins l'idée qu'ils ne sont pas différents des autres", explique-t-elle. Selon cette enseignante, deux parents d'élèves ont déjà retiré leur enfant de l'établissement, à la suite de la parution de l'article.
D'après AFP
(Image TF1/LCI Gilles de Robien vendredi au collège Condorcet de Nîmes)
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