Nicolas Sarkozy, lors de son discours à l'Université d'été de l'UMP, le 3 septembre 2006 © LCIAvec comme axe majeur la rupture, dont il a fait son cheval de bataille, avec un appel à la jeunesse pour l'aider à la réaliser, et une série de propositions précises dans des domaines aussi divers que le civisme, l'emploi ou l'éducation, c'est un véritable discours-programme qu'a prononcé ce dimanche Nicolas Sarkozy en conclusion de l'université d'été de l'UMP. "Je propose", a répété sans discontinuer le très probable candidat à la présidentielle devant environ 6000 personnes - en majorité des jeunes militants - et en s'adressant à toutes les catégories sociales - apprentis, étudiants, chômeurs, entrepreneurs, artisans, enseignants ou artistes.
- Eloge de la rupture et des "révolutions"
"Un Français sur deux ne vote pas, le quart de ceux qui votent, votent pour les extrêmes, toutes les majorités sortantes sont battues : si on n'en tire pas la conclusion qu'il faut profondément changer notre façon de faire de la politique, c'est qu'on n'a rien compris à la situation politique de notre pays. Je persiste et signe : la rupture est nécessaire. Je veux une politique qui rende possible ce qui est nécessaire". Sous les cris de "Sarkozy président", le président de l'UMP a encore proposé "d'accomplir des révolutions" dans les domaines de la culture (avec l'idée de prêts aux jeunes créateurs à taux zéro), du travail, de l'environnement (avec par exemple l'idée de substituer en partie la taxation des pollutions, en particulier de l'énergie à effet de serre, à la taxation du travail).
- Appel à la jeunesse
Dénonçant la "génération de mai 1968", qui a "dilapidé" l'héritage de la croissance des "Trente glorieuses" sans donner de "supplément d'âme", et dont la gauche d'aujourd'hui est selon lui l'émanation, Nicolas Sarkozy a appelé la jeunesse à soutenir cette "rupture" qu'il appelle de ses voeux. Une jeunesse qui "a besoin de croire qu'elle peut transformer le monde" et "rejettera la classe politique si celle-ci continue à répéter : 'Je n'y peux rien'." Un appel réitéré lors de sa proposition de service civique obligatoire : "On dit que la jeunesse a envie de s'engager. Eh bien donnons à la jeunesse l'occasion de s'engager".
- Création d'un "service civique obligatoire"
"Je vous propose une République où les droits seront la contrepartie des devoirs. Je vous propose une République qui renouera avec le civisme. Je vous propose de réinventer la République en créant un service civique par lequel chaque jeune Français entre 18 et 30 ans donnera aux autres six mois de son temps". Ce service pourra se faire "en une fois ou fractionné, à temps plein ou à temps partiel, réalisé en France ou à l'étranger, dans toute activité revêtant un caractère d'intérêt général. Faudra-t-il qu'il soit obligatoire ? On peut en débattre. Ce mot ne me fait pas peur. Je crois qu'après une expérimentation à grande échelle (...) il pourra l'être". Ce service civique permettrait entre autre "à toute la jeunesse qui le souhaite de s'engager dans les grandes causes humanitaires du monde et dans le co-développement".
- Emploi
"Ma plus grande ambition, c'est que dans cinq ans, le taux de chômage soit tombé dans notre pays à 5%. Je propose que chacun reçoive un compte épargne formation, c'est-à-dire un capital initial de formation, par exemple de 20 années qui s'épuisera au fur et à mesure des années d'études, et qui se reconstituera au fur et à mesure que les années d'activité professionnelle amèneront de nouveaux droits".
- Education
"Je propose d'en finir avec le passage en 6ème d'enfants qui ne savent ni lire ni écrire, car c'est les condamner à un échec certain. Je propose d'en finir avec le passage automatique dans la classe supérieure jusqu'en 3ème des élèves qui n'arrivent pas à suivre, car c'est les condamner à en faire des exclus au sein de notre école républicaine". Nicolas Sarkozy a aussi proposé aux étudiants d'être financièrement autonomes grâce à "un prêt à taux zéro garanti par l'Etat". Il veut aussi "créer au moins une école de la deuxième chance par département en cinq ans et une par bassin de 100.000 habitants en dix ans", et que chacun reçoive un "compte épargne formation" sur par exemple 20 ans.
Arnaud Montebourg, l'un des porte-parole de Ségolène Royal, a estimé dimanche que "la rupture de Nicolas Sarkozy, c'est celle des ultras de la droite dure, des grandes fortunes et des privilèges". Il a jugé que "la jeunesse n'y trouvera pas son compte", concluant : "entre la jeunesse et le Medef, Nicolas Sarkozy a choisi le Medef". La "rupture" vue par Montebourg
Photo d'ouverture : Nicolas Sarkozy lors de son discours de clôture de l'université d'été de l'UMP - DR
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