
Entre les commentaires grinçants au sein du parti socialiste et ceux, ironiques, de Nicolas Sarkozy ("pourquoi voulez-vous que je commente des idées qui n'existent pas ?"), Ségolène Royal se défend. Invitée lundi soir de l'émission "Franc-parler" sur i-télé, la candidate à la candidature socialiste préférée des sondages a donné un rendez-vous au président de l'UMP. "Je crois aujourd'hui que la politique se fait par la preuve. Dans l'échéance présidentielle, les paroles de chacun seront comparées à leurs actes. M. Sarkozy aura des comptes à rendre : ses mots seront mis en parallèle avec ses actions (...) Je donne rendez-vous à Monsieur Sarkozy, s'il est désigné par la droite et si je suis moi-même désignée par les militants socialistes, pour qu'il y ait un grand débat en janvier".
Autre message, à destination cette fois du parti socialiste : assez d'attaques personnelles. "Les militants aujourd'hui sont malheureux, ils voudraient que leurs chefs se rapprochent rapidement (...) Les paroles qui dépassent la pensée au sein de la gauche servent la droite (...) Il faut que cela cesse." Citant François Hollande à propos du choix du futur héraut du PS pour la présidentielle, Ségolène Royal a rappelé : "Il ne faut pas que notre candidat sorte de ce processus interne affaibli."
"L'image donnée à La Rochelle n'est pas bonne"
Pour l'heure, estime-t-elle, ces conflits de personnes ne peuvent que nuire à tous - la façon dont l'université d'été du parti socialiste a été perçue dans l'opinion en donne selon elle la preuve : "L'image donnée à La Rochelle n'est pas bonne. Les Français attendaient qu'on leur parle de leurs problèmes ; or ce qui a été repris, c'est uniquement des conflits de personnes. Les Français sont fatigués. Nous avons la responsabilité de nous tirer collectivement vers le haut."
Sa discrétion lors du rendez-vous de La Rochelle a été mal interprétée ? Elle se justifie, là aussi, affirmant une nouvelle fois qu'elle gère "son calendrier, son rythme"... et qu'elle ne fuit pas les débats. "On me fait le procès de refuser les débats. Vous savez que j'en fais depuis six mois à travers toute la France, je me suis rendue dans 23 départements pour débattre. Je ne voulais pas en faire trop en me rendant à La Rochelle (...) La Rochelle, c'était la tribune de Lionel Jospin devant les Jeunes socialistes. Je ne voulais pas court-circuiter son intervention".
Et à l'heure où une quarantaine de membres du courant NPS se sont engagés derrière sa candidature, estimant que le mouvement de popularité dont elle bénéficie n'est pas "artificiel" et qu'elle est la seule "capable d'incarner le renouveau politique", Ségolène Royal attend avec sérénité le vote des militants. "J'ai une responsabilité majeure. Si un jour les militants socialistes m'accordent leur confiance, et si un jour je dois porter la cause de la gauche devant le pays, cela me pousse à être à la hauteur de ce rendez-vous majeur avec les Français".
Photo d'ouverture : Ségolène Royal - archives
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