Nicolas Sarkozy © LCIEntre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, il n'y pas de trêve, tout juste des accalmies de courte durée. Si les deux hommes avaient affiché une belle unité à l'université d'été de l'UMP fin août, un proche du Premier ministre éclaire aujourd'hui d'un jour nouveau cette "séquence". "On s'est trompé sur le sens de Marseille. Il y a certes eu un refus de la division mais également de la soumission. Nous sommes aujourd'hui dans l'affirmation d'une expression". En clair, encouragé par une remontée lente mais continue dans les sondages, Dominique de Villepin souhaite gouverner jusqu'au bout et fait entendre sa différence sans embage. Une différence au service d'une candidature à la présidentielle ? Le Premier ministre a beau répéter qu'il n'a pas d'ambition en la matière, certains de ses amis n'ont pas renoncé à le voir revenir dans la course. Ses déclarations dimanche soir auront en tout cas de quoi les réjouir.
Invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, l'hôte de Matignon n'a pour la première fois pas exclu que d'autres candidats que Nicolas Sarkozy, issus de la famille UMP, puissent être candidats en 2007. Les gaullistes ont "un héritage qui est de considérer que cette élection, c'est d'abord la rencontre entre un homme, une femme et le peuple français", a-t-il affirmé. L'UMP accordera "non pas une investiture à un candidat" en janvier, "mais un soutien financier". "C'est son droit", a-t-il ajouté. "Si d'autres avaient le sentiment de pouvoir jouer un rôle, de pouvoir s'engager, hé bien ce choix pourrait être le leur", a-t-il ajouté, rendant par la même hommage aux "capacités de Michèle Alliot-Marie". La ministre de la Défense ouvre-t-elle la voie pour Dominique de Villepin dans une offensive concertée contre Nicolas Sarkozy ? MAM a sa réplique : " Si je suis candidate, ça ne sera pas pour témoigner. Mais pour gagner !"
"Un calendrier prévu"
Face à cette amorce de pluralité de candidatures à droite, Nicolas Sarkozy a réagi avec une fermeté teintée d'agacement lundi matin sur France Inter. A la question "Sentez-vous que Dominique de Villepin a envie de vous affronter dans une élection interne à l'UMP" de désignation du candidat en 2007, le patron de l'UMP a répondu : "Ses dernières déclarations doivent bien témoigner d'une quelconque impatience. Mais c'est son droit"."S'il veut être candidat, qu'il le dise !", a-t-il ajouté en insistant sur le fait que le Premier ministre devrait alors "suivre le calendrier fixé" par l'UMP.
Ce calendrier prévoit la tenue d'un congrès en janvier 2007 pour désigner le candidat soutenu par l'UMP à l'élection présidentielle. "Un calendrier a été prévu. Les candidatures devront se faire connaître à la fin du mois de novembre et il y aura un congrès où tous les militants de l'UMP pourront voter", a-t-il poursuivi. "Je crois au débat, à la démocratie, à la concurrence. S'il y a d'autres candidats, tant mieux. J'ajoute que la méthode - l'élection -, le calendrier - entre novembre et janvier -, a été défini lors d'un bureau politique où siègeait et Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie", s'est plu à rappeler le ministre de l'Intérieur. Une volonté de rafraîchir la mémoires des uns et des autres et de prendre date pour désigner les responsables d'une éventuelle division. Au cas où.
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