Dominique de Villepin face aux députés UMP © TF1/LCIC'est parole contre parole. Matignon a fait savoir lundi que Dominique de Villepin, en sa qualité de ministre de l'Intérieur (il l'était au début de l'affaire Clearstream), n'avait "jamais détruit de note de la DST (Direction de la surveillance du territoire) ni soustrait aucune information". "Tous les éléments portés à sa connaissance figurent dans les notes de la DST qui ont été transmises à la justice", a ajouté lundi Matignon.
Ce démenti fait suite aux révélations de dimanche (lire notre article) selon lesquelles le patron de la DST a affirmé, lors de son auditions par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons en charge de l'affaire Clearstream, avoir rédigé en septembre 2004 dans le bureau de pour Dominique de Villepin un "pense-bête". Comme l'affirme le journaliste Hervé Gattegno dans son livre L'irresponsable sorti le même jour, cette note manuscrite désignant formellement Jean-Louis Gergorin comme étant le manipulateur a été détruite, a confirmé Pierre de Bousquet de Florian aux juges. Mais il a dit ne plus souvenir qui, de lui ou de Dominique de Villepin, avait passé la note au broyeur, alors qu'elle aurait pu faire gagner un an et demi à l'enquête. Et le patron de la DST de répéter lundi dans un communiqué : cette note "n'avait plus d'utilité" et "pas de raison d'être conservée", puisqu'elle "était une simple fiche manuscrite recto-verso destinée à la conduite d'un entretien entre le ministre de l'Intérieur (Dominique de Villepin) et Arnaud Lagardère (patron de M. Gergorin)".
Audition d'Alliot-Marie avant la fin du mois
Toute la semaine dernière, les auditions se sont succédées au pôle financier pour essayer de déterminer le rôle exact de Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream. Outre Pierre de Bousquet de Florian, Michel Barnier a expliqué avoir été tenu délibérément à l'écart dès son arrivée au ministère des Affaires étrangères, idem pour Jean-Pierre Raffarin. Lundi, c'était au tour d'Alain Juillet, haut responsable de l'intelligence économique auprès du gouvernement, sous l'autorité du Premier ministre Dominique de Villepin. Prochaine audition prévue, celle de Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, comme témoin, qui dit vouloir aller au bout de l'affaire. Elle pourrait avoir lieu avant la fin du mois.
Dominique de Villepin pourrait aussi être entendu rapidement. Selon Le Monde (daté de mardi), la forme de la comparution du Premier ministre reste "incertaine", mais il pourrait être convoqué, au vu des "soupçons persistants" des juges, en qualité de "témoin assisté", voire de "mis en examen".
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