L'académicien Bertrand Poirot-Delpech est mort

le 15 novembre 2006 à 07h31 , mis à jour le 15 novembre 2006 à 12h07

Cet amoureux de la langue française a travaillé plus d'un demi-siècle au quotidien Le Monde où il a été critique littéraire pendant 17 ans.

Bertrand Poirot-Delpech, écrivain, journaliste au Monde, académicien, il est décédé à 77 ans des suites d'une maladieBertrand Poirot-Delpech, écrivain, journaliste au Monde, académicien, il est décédé à 77 ans des suites d'une maladie © TF1/LCI

"Quand auront sévi et sombré toutes les techniques imaginables de communication, vous verrez que livres et journaux resteront le recours suprême contre l'ignorance, la bêtise et la laideur", aimait dire cet inlassable défenseur de la langue française, décédé mardi à l'âge de 77 ans. Bertrand Poirot-Delpech, académicien, aura travaillé plus d'un demi-siècle au quotidien Le Monde, où il a été le feuilletoniste (critique littéraire) pendant 17 ans, et était l'auteur d'une vingtaine de livres, surtout des romans.

BPD, comme disait son entourage, laisse aussi le souvenir d'un écrivain humaniste, tendre et ironique, observateur critique de la bourgeoisie, auteur d'une vingtaine de livres, surtout des romans. Prix Interallié 1958 pour "Le Grand Dadais", Bertrand Poirot-Delpech, a également écrit "La Folle de Lituanie" (grand prix du roman de l'Académie française 1970), "L'été 36", "Bonjour Sagan", "Monsieur Barbie n'a rien à dire", "Traversées", "J'écris Paludes" etc (la plupart parus chez Gallimard). Il avait coécrit en 2002 le livre de souvenirs d'Ida Grinspan "J'ai pas pleuré", récit d'une petite juive déportée à Auschwitz. Il a collaboré à diverses adaptations pour le cinéma et la télévision.

"Plus qu'un peu doué"

Né en février 1929 à Paris, d'une famille de médecins et universitaires, Bertrand Poirot-Delpech est entré au Monde en 1951, à 22 ans. Il couvre les grands procès de 1956 à 1959, devient critique théâtral puis littéraire en 1972, avant de se voir attribuer en 1989 une libre chronique hebdomadaire intitulée "Diagonales". Cet inlassable défenseur de la langue française a été élu à l'Académie française en 1986 au fauteuil de Jacques de Lacretelle. "Ecrivain, et plus qu'un peu doué, c'est ce qu'est d'abord Bertrand Poirot-Delpech. Mais plus précisément écrivain français, amoureux d'une langue que l'on n'emploie bien que lorsque quelque sensualité nourrit l'attrait que l'on éprouve pour elle", avait écrit à cette occasion le directeur du Monde, André Fontaine.

Il était également président d'honneur du Syndicat professionnel de la critique dramatique et musicale et président du conseil d'administration du Musée-mémorial des enfants d'Izieu (Ain). Il avait présidé le Comité national pour le bicentenaire de Victor Hugo en 2002. Bertrand Poirot-Delpech était Commandeur de la Légion d'honneur, Commandeur de l'ordre national du Mérite et Officier des Arts et des Lettres.

Chirac salue "un incomparable défenseur des lettres"

Jacques Chirac a salué mercredi la mémoire de Bertrand Poirot-Delpech, décédé mardi, assurant qu'avec sa disparition, "les lettres françaises perdent un incomparable défenseur". "Au fil de ses chroniques dans le journal Le Monde, dans ses nombreux romans, ce passionné de notre langue recherchait inlassablement la justesse des mots et des idées", a écrit Jacques Chirac dans un communiqué, ajoutant que "son exigence et sa lucidité vont nous manquer". Le maire (PS) de Paris Bertrand Delanoë a salué mercredi en Bertrand Poirot-Delpech, "un talent unique, servi par un esprit libre et fécond". "Pendant plus d'un demi-siècle, il aura représenté la quintessence de l'homme de lettres. Son immense culture, sa curiosité, son esprit malicieux, nourrissent ainsi une oeuvre dense, celle du romancier élégant et subtil, mais celle aussi du journaliste et du scénariste", déclare M. Delanoë dans un communiqué.

(D'après agence)

le 15 novembre 2006 à 07:31
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1 Commentaires

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  • Eliot, le 15/11/2006 à 09h03

    Un grand Monsieur, il nous manquera. Sincères condoléances à ses proches ainsi qu'à sa famille.

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