Lahoud accuse Gergorin et met en cause Sarkozy

le 21 février 2007 à 16h07 , mis à jour le 21 février 2007 à 18h23

Dossier : Clearstream : affaire d'Etat

Dans son livre, l'informaticien accuse l'ex vice-président d'EADS d'avoir orchestré la falsification des listings comptables.

TF1/LCI : L'informaticien Imad Lahoud, au centre de l'affaire ClearstreamL'informaticien Imad Lahoud, au centre de l'affaire Clearstream © TF1/LCI

Imad Lahoud, mis en examen dans Clearstream, accuse pour la première fois Jean-Louis Gergorin, ex vice-président d'EADS, également poursuivi, d'avoir orchestré la falsification des listings comptables. L'informaticien publie ces affirmations dans un livre intitulé "Le coupable idéal" à paraître le 1er mars. Imad Lahoud est lui-même soupçonné d'avoir introduit dans des listings comptables de l'institution financière luxembourgeoise des noms de personnalités industrielles et politiques dans le but de leur nuire, ce qu'il nie de nouveau dans son livre. Apparaissait notamment le nom de Nicolas Sarkozy.

L'informaticien franco-libanais qui n'a plus parlé publiquement depuis mai, présente Jean-Louis Gergorin, comme "obsédé" par "l'existence d'un vaste complot menaçant les intérêts du groupe Lagardère" - qui fait partie du capital d'EADS -: il l'accuse d'avoir fait "compléter" les listes par des "cabinets de consultants" avec les noms de ses "ennemis", notamment industriels.

La stratégie de l'arroseur arrosé

Par ailleurs il met en cause Nicolas Sarkozy, qui a toujours affirmé avoir découvert ce dossier dans la presse en juillet 2004 et s'est porté partie civile dans le dossier en janvier 2006. Selon Imad Lahoud, le ministre de l'Intérieur a été informé de cette affaire depuis 2003 par le biais de Bernard Squarcini, à l'époque directeur adjoint des renseignements généraux, lui-même tenu au courant par son chargé de mission François Casanova, décédé en 2004. Ce dernier était "un ami" très proche d'Imad Lahoud à qui il disait "tout", selon celui-ci.

"Nicolas Sarkozy, avisé du complot qui se tramait, a opté pour la stratégie de l'arroseur arrosé. Il a laissé le complot aller à son terme pour mieux le dénoncer ensuite", affirme Imad Lahoud qui se présente comme le "lampiste de service" qui "a le profil du coupable idéal". Il réaffirme, comme il l'a déjà dit devant les juges le 28 novembre 2006, qu'il a rencontré M. Sarkozy le 16 septembre puis le 8 novembre 2004, à l'initiative de ce dernier. Le ministre-candidat a toujours démenti l'existence de ces entretiens et a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse et mensongère. La justice a ouvert une enquête.

L'avocat de Nicolas Sarkozy a contesté les "allégations" d'Imad Lahoud. "Habitué des affaires judiciaires, puisque condamné dans le passé pour d'autres faits, M. Lahoud se défend comme il l'entend, il a même le droit de mentir" mais "sa parole n'est pas celle du primat des Gaules", a réagi Me Thierry Herzog.

le 21 février 2007 à 16:07
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