Torturée pendant 28 ans, Lydia attend une juste réparation

Par A. Gu. (avec agences), le 07 janvier 2009 à 09h15 , mis à jour le 07 janvier 2009 à 09h09

Son père, qui l'a violée et maltraitée durant 28 ans, est mort avant d'être jugé. Le résultat du pourvoi formé contre sa belle-mère, condamnée à 4 ans de prison avec sursis, est attendu aujourd'hui.

Palais de justiceImage d'archives © TF1

Il y a neuf mois de cela, son histoire avait ému toute la France. Elle, c'était Lydia Gouardo, 45 ans. Comme Elisabeth Fritzl, violée et séquestrée par son père durant 24 ans en Autriche, Lydia a vécu un calvaire similaire en Seine-et-Marne : 28 ans de séquestration et de maltraitance, et la naissance de 6 enfants.

Contrairement à la jeune femme autrichienne, Lydia Gouardo n'a pas été enfermée dans un réduit inviolable et inconnu de tous. Son père, Raymond, est parvenu à la garder constamment auprès de lui, pendant son enfance et jusqu'à ses 36 ans, en la terrorisant et en bénéficiant de l'aveuglement de la justice et des services sociaux. Puis il est mort, en 1999, sans avoir été jugé. Pour Lydia, la vie peut alors commencer. Mais elle veut solder les comptes de son passé. 

Sa belle-mère, Lucienne Ulpat, 68 ans, a été condamnée le 18 avril 2008 par la cour d'appel de Paris à quatre ans de prison avec sursis et 6000 euros de dommages et intérêts pour "non-empêchement de crime" et "agression sexuelle" envers l'un des fils de Lydia. Estimant sa belle-mère insuffisamment sanctionnée, Lydia s'est pourvue en cassation par le biais de son avocat. La décision doit être rendue cet après-midi.  Parallèlement, Me Emmanuel Rabier a décidé de saisir la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions, pour tous les viols que Lydia a subis entre 1971 et 1999.

Des années de calvaire avant une réaction des autorités

En 1971, elle a huit ans. C'est à cette époque que sa belle-mère lui "plonge les jambes dans de l'eau bouillante", la brûlant au 3e degré. Lydia est hospitalisée une vingtaine de jours. Les brûlures exigeant des soins importants, Raymond Gouardo ne la scolarise pas et la garde constamment auprès de lui. Il la viole, lui fait subir des actes de torture et de barbarie, la séquestre. A partir de ses dix ans, Lydia commence à fuguer, mais la police ou les gendarmes la ramènent constamment à son père. Le service d'action éducative de Meaux la suit de ses dix ans jusqu'à ses dix-huit ans, sans, apparemment, s'inquiéter de rien.

Devenue majeure, Lydia ne parvient pas à s'affranchir de la coupe du "vieux" qui la terrorise. Il la brûle périodiquement à l'acide chlorhydrique, quand elle "fait une bêtise", ce dont elle porte la trace sur les bras, le dos et le ventre. Malgré des dizaines d'interventions, les autorités sanitaires ne s'alarment pas. Pas avant 2001 et une enquête diligentée à la suite d'un signalement du service d'action éducative de Meaux.

Par A. Gu. (avec agences) le 07 janvier 2009 à 09:15
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10 Commentaires

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  • Pseudo, le 12/06/2009 à 13h01

    Quand un enfant fugue si jeune, tant de fois, est hospitalisé, que l 'on se pose la question de la maltraitance, il faudrait penser systématiquement aux violences sexuelles . car l'enfant n'en parlera pas de lui même .

  • Sand, le 08/01/2009 à 09h10

    Bonjour ce message est a l'atention de LOULOUDEDE, FRONTIGNAN, pourriez vous sil vous plait me communiquer le titre du livre de lydia? merci

  • Jean, le 08/01/2009 à 07h02

    Il y a de tout dans les services sociaux, des gens qui se défoncent, se donnent, d'autres très administratifs et ne se rendant pas compte des blocages (ou s'en fichant). Effectivement, remettre en cause justice (est ce possible ????) ou, tout au moins, d'autres organismes ayant collaboré finalement au calvaire serait bien

  • Cricri, le 07/01/2009 à 18h09

    Ce qui m'atterre dans cette affaire, -au delà de l'horrible réalité - c'est encore une fois la non intervention des services dits sociaux et de la police. Ce n'est pas le premier dossier dans lequel la négligence, la passivité de ceux qui sont en charge de protéger les victimes de telles atrocités sont mis en cause. Qui doit les juger ???

  • Magiera, le 07/01/2009 à 16h20

    Les autorités ont jeté cette gamine en pature à ses tortionnaires à maintes reprises quand elle appelait au secours .Non seulement l'administration n'a pas levé le petit doigt,mais le voisinage non plus.

  • Champaloux, le 07/01/2009 à 16h10

    Et le procés des services sociaux est prévu pour quelle date ?? pauvre femme , encore une qui doit se désespérer de la justice de notre pays ! bon courage madame , car n'en doutons pas , personne ne doit vous aider !

  • Louloudede, le 07/01/2009 à 13h44

    La belle mère doit être punie plus sévèrement,j'ai lu le livre c'est innumain de voir ce que lydia à subi.

  • Loulou, le 07/01/2009 à 13h40

    Le père tortionnaire est mort ,mais ceux qui n'ont ou pas voulu voir eux sont bien en vie et devraient etre condamnés pour non assistance et espèrons que ces pros du système du social ne pratiquent plus leur métiers. Ce qu'on applique pour les infermières et artisans appliquons le pour eux.

  • Sam, le 07/01/2009 à 11h56

    Mon dieu que c´est horrible.... je n´arrive pas à comprendre pouquoi les autorités sanitaires n´ont pas bouger le petit doigt?? cette jeune femme à son plus jeune âge fugue à plusieurs reprises mais la police ne voit rien?? Retour à la case de départ, personne ne voit rien ne dit rien?? C´est quand même scandaleux, il y a vraiment un HIC... En tout cas j´espère que cette femme pourra prendre goût à la vie.. et essayer d´oublier ces années de cauchemar.

  • Gilles, le 07/01/2009 à 11h41

    Il y en a tellement qui dorme dans leurs bureau ! Sont-ils blasés ? Dans ce cas changez de métier.

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