Image d'archives © TF1Il y a neuf mois de cela, son histoire avait ému toute la France. Elle, c'était Lydia Gouardo, 45 ans. Comme Elisabeth Fritzl, violée et séquestrée par son père durant 24 ans en Autriche, Lydia a vécu un calvaire similaire en Seine-et-Marne : 28 ans de séquestration et de maltraitance, et la naissance de 6 enfants.
Contrairement à la jeune femme autrichienne, Lydia Gouardo n'a pas été enfermée dans un réduit inviolable et inconnu de tous. Son père, Raymond, est parvenu à la garder constamment auprès de lui, pendant son enfance et jusqu'à ses 36 ans, en la terrorisant et en bénéficiant de l'aveuglement de la justice et des services sociaux. Puis il est mort, en 1999, sans avoir été jugé. Pour Lydia, la vie peut alors commencer. Mais elle veut solder les comptes de son passé.
Sa belle-mère, Lucienne Ulpat, 68 ans, a été condamnée le 18 avril 2008 par la cour d'appel de Paris à quatre ans de prison avec sursis et 6000 euros de dommages et intérêts pour "non-empêchement de crime" et "agression sexuelle" envers l'un des fils de Lydia. Estimant sa belle-mère insuffisamment sanctionnée, Lydia s'est pourvue en cassation par le biais de son avocat. La décision doit être rendue cet après-midi. Parallèlement, Me Emmanuel Rabier a décidé de saisir la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions, pour tous les viols que Lydia a subis entre 1971 et 1999.
Des années de calvaire avant une réaction des autorités
En 1971, elle a huit ans. C'est à cette époque que sa belle-mère lui "plonge les jambes dans de l'eau bouillante", la brûlant au 3e degré. Lydia est hospitalisée une vingtaine de jours. Les brûlures exigeant des soins importants, Raymond Gouardo ne la scolarise pas et la garde constamment auprès de lui. Il la viole, lui fait subir des actes de torture et de barbarie, la séquestre. A partir de ses dix ans, Lydia commence à fuguer, mais la police ou les gendarmes la ramènent constamment à son père. Le service d'action éducative de Meaux la suit de ses dix ans jusqu'à ses dix-huit ans, sans, apparemment, s'inquiéter de rien.
Devenue majeure, Lydia ne parvient pas à s'affranchir de la coupe du "vieux" qui la terrorise. Il la brûle périodiquement à l'acide chlorhydrique, quand elle "fait une bêtise", ce dont elle porte la trace sur les bras, le dos et le ventre. Malgré des dizaines d'interventions, les autorités sanitaires ne s'alarment pas. Pas avant 2001 et une enquête diligentée à la suite d'un signalement du service d'action éducative de Meaux.
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