Les victimes des essais nucléaires français enfin entendues

Par TF1 News (D'après agence), le 14 octobre 2010 à 09h07 , mis à jour le 14 octobre 2010 à 09h11

Le tribunal administratif de Paris a ordonné au ministère de la Défense de saisir la commission consultative du secret défense concernant les essais nucléaires français réalisés entre 1960 et 1996.

De  1960 à 1996, 150.000 civils et militaires, selon le ministère de la Défense, ont participé aux 210 essais menés par la France dans le Sahara algérien puis en Polynésie française. Depuis des décennies, certains, atteints de cancers et de maladies diverses, se battent pour faire reconnaître le lien entre ces essais et la détérioration de leur état de santé. En vain, pendant très longtemps, malgré quelques victoires judiciaires ponctuelles ; mais les choses ont changé récemment. La France a ainsi promulgué une loi du 5 janvier 2010 sur la reconnaissance et l'indemnisation des victimes des essais. Hervé Morin avait fait savoir cet été qu'il espérait que les premières indemnisations de vétérans des essais nucléaires souffrant de cancers interviendraient avant la fin de l'année.

Plus d'infos

Mais les associations regroupant ces vétérans continuent à se battre pour obtenir du ministère de la Défense des informations sur les essais. Elles ont été entendues par le tribunal administratif de Paris, qui a ordonné au ministère de saisir la commission consultative du secret défense. Cette avancée judiciaire date du 22 septembre dernier, mais elle n'a été rendue publique que mercredi soir par l'association des vétérans des essais nucléaires (AVEN). Laquelle a dit se réjouir "de l'importance de cette décision puisqu'elle devrait faire jurisprudence, attendu qu'elle est rendue à la demande des associations et qu'elle couvre toute la période des essais nucléaires (1960-1996)".

"Hervé Morin a toujours suivi les avis de la commission"

L'action de l'AVEN et de l'Association des travailleurs polynésiens des sites nucléaires (Moruroa e tatou) devant la justice administrative faisait suite au rejet par le ministère de la Défense, le 22 octobre 2007, de communications de pièces, sous le couvert du secret défense. Le tribunal administratif de Paris a décidé "qu'il sera demandé au ministre de la Défense de saisir sans délai la commission consultative du secret de la défense nationale afin qu'elle émette, dans un délai de deux mois à compter de sa saisine, un avis sur la déclassification et la communication des documents visés par les associations requérantes en date du 22 octobre 2007".

Dans son jugement, le tribunal a également décidé de "demander au ministre de la Défense de se prononcer à nouveau sur la dite déclassification et la dite communication. Dans le cas où (le ministre) estimerait que la déclassification et la non communication de tout ou partie de ces documents sont justifiées par le secret de la défense nationale", il devra "verser au dossier tous éléments d'information sur les raisons de l'exclusion des documents en cause", ordonne le tribunal.

Conformément à la procédure, le ministère de la Défense est obligé de transmettre à la commission consultative la demande du tribunal. Ensuite, la commission statuera et peut décider de déclassifier tout ou partie des documents ou refuser la déclassification sur l'ensemble. Interrogé sur la portée de cette décision judiciaire, le porte-parole du ministère de la Défense, Philippe Tanguy, a rappelé que "depuis son arrivée, Hervé Morin a toujours suivi les avis de la commission consultative du secret défense".

Par TF1 News (D'après agence) le 14 octobre 2010 à 09:07
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

1 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • tolcar1, le 07/02/2011 à 10h47

    Bonjour De 1960 à 1996, 150.000 civils et militaires, selon le ministère de la Défense lit on ici, Bien OK j'en fait partie... j'y étais de 1970 à 1973 ..3 campagnes de tirs aériens, 17 au total pendant cette période....Je suis allé aussi en Algérie BOUSFER et REGGANE en 1968/1969 et fermer la BA167 à côté d'INECKER..... J'étais météorologiste SGT chef de l'armée de l'air et suis allé à PUKAPUKA puis TOTEGEGIE (îles Gambier ) , et enfin à TUREIA ( 2 campagnes et ses retombées significatives dont celle d'ENCELADE le 12/06/1972 ) à 100 KMS des explosions....Le ministère de la défense m'a donc sur cette liste !! A ce jour sur mes récents états de services et affectations, l'armée de l'air ne précise aucunes de toutes ces affectations dangereuses les seuls points de chutes sont BOUSFER et PAPEETE, après les traces écrites sont perdues , Qui a ces informations ?? secret défense ?? à qui s'adresser quand on vous réponds que la Polynésie c'est comme un pays étranger alors qu'on la dit "Française".....A ce jour aucune reconnaissance de l'État Français, au contraire un déni total sur la dangerosité de ces bombes " propres "..... aucun suivi médical systématique, il faut être à l'article de la mort ( cancers reconnus par la loi MORIN liste très restrictive ) ou tout simplement mort pour "prétendre" à une indemnisation.... qui tarde de se mettre en place d'ailleurs pour les quelques dossiers déposés.... A quand la vérité sur le passé ( et présent, essais de "TIRS FROIDS" par ex à MORONVILLIERS en Champagne en FRANCE !!) atomique Français et nous dire "TOUTE" LA VÉRITÉ. Jacques RACLOT

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience