La mosquée de Quimper, sur laquelle six croix gammées ont été peintes, le 24 septembre 2006 © TF1/LCISix croix gammées ont été peintes sur le mur d'une mosquée de Quimper, endommagée par un début d'incendie volontaire dimanche matin. Alertés par un riverain qui avait aperçu des lueurs dans le bâtiment et des croix gammées sur un mur, les pompiers sont intervenus vers 4h du matin dans le quartier de Penhars et ont rapidement éteint les flammes. "Il y avait quatre départs de feu", a précisé Philippe Paolantoni, le sous-préfet de Brest. "Les traces d'effraction, le nombre de départs de feu et l'inscription de six croix gammées sur le mur extérieur confirment qu'il s'agit d'un incendie volontaire pour lequel une enquête est ouverte", a-t-il ajouté.
"Je suis choqué, et nous avons porté plainte dès ce matin", a indiqué Mohammed El Bouazzati, président de l'association culturelle et cultuelle des musulmans de Quimper, qui regroupe environ 200 adhérents. Selon lui, c'est la quatrième fois que cette salle de prière, également lieu culturel, est victime de dégradations. "Il y a déjà eu le feu, et deux fois des tags". En février 2003, alors que la mosquée était en construction, des croix chrétiennes avaient été dessinées sur le bâtiment, quelques semaines après un début d'incendie.
Premier jour du ramadan
Par ailleurs, près d'une cinquantaine de croix gammées et des slogans racistes comme "La France aux Français", "Les Bougnouls dehors" ou "Mort à l'islam", ont été inscrits tôt dimanche matin sur les murs de la mosquée de Carcassonne, dans l'Aude. Tous les murs de l'établissement religieux, situé dans le quartier de La Conte, non loin de la mairie, ont été recouverts de ces inscriptions réalisées avec minutie, probablement entre 3h et 5h du matin, a indiqué le directeur départemental de la sécurité publique, Thierry Senichault.
Le président de l'association islamique de l'Aude, Abib Bamou, qui gère la mosquée Es Salam, a décidé de porter plainte dimanche après-midi et envisage d'installer un système de surveillance autour de la mosquée. "Je vis depuis 1969 à Carcassonne. Ici toutes les communautés se respectent, qu'il s'agisse des juifs, des musulmans ou des chrétiens. C'est la première fois qu'il se produit quelque chose comme ça", a regretté Abib Bamou, qui n'y voit a priori pas de rapport avec le premier jour du ramadan. La mosquée Es Salam, qui signifie "la paix" en arabe, a été inaugurée en juin 2000 sur une terrain mis à disposition par la mairie.
"Inquiet"
Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Dalil Boubakeur, a "condamné très vivement" ces dégradations. "C'est odieux parce que c'est bête et méchant et c'est manifester une ignorance radicale de l'Islam", a-t-il déclaré, en rappelant que le premier jour du ramadan "n'a pas de valeur symbolique pour les musulmans, sauf dans l'esprit de l'ignorant". Selon lui, "l'intention criminelle se double d'une volonté de perturber d'une façon particulièrement odieuse le déroulement pacifique des cérémonies qui entourent ce mois de jeûne et de pénitence".
Le recteur de la Mosquée de Paris s'est également dit "inquiet" que le ramadan commence "pour la première fois en France" dans ce climat. "L'affaire est particulièrement inquiétante parce que les mosquées vont être le lieu de rencontre des musulmans, particulièrement le soir", pendant un mois, a-t-il souligné.
D'après agence
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