Le capitaine de CRS Ludovic Aubriot, blessé à Corbeil-Essonnes lors d'un guet-apens © TF1/LCIIl a reçu jeudi après-midi la visite du ministre de l'Intérieur à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, où il est soigné pour "un traumatisme crânien et facial important, des contusions aux membres supérieurs et inférieurs et deux dents cassées." Et il a parlé aux journalistes depuis son lit d'hôpital, pour la première fois depuis son agression. Le capitaine de la CRS 3 Ludovic Aubriot, 37 ans, tombé mardi soir dans un guet-apens avec un collègue dans la cité des Tarterêts à Corbeil-Essonnes, a décrit ces minutes où il a subi, à terre, la violence de ses assaillants.
Malgré plusieurs opérations délicates subies depuis mercredi, le capitaine Aubriot, allongé sur son lit, le visage très tuméfié, particulièrement touché à l'oeil droit, un tendon sectionné au poignet droit, a témoigné en termes mesurés.
"Très rapidement, je me suis retrouvé à terre"
Son collègue et lui "en mission de lutte contre les violences urbaines, supervisaient les effectifs CRS sur le département de l'Essonne", raconte-t-il. "Je faisais le tour de l'ensemble de mes sections sur les trois secteurs sensibles de Corbeil-Essonnes et, au moment où nous sommes passés, on a subi le jet de deux projectiles". A peine les deux policiers s'étaient-ils arrêtés "pour voir quelles étaient les conséquences matérielles de ces tirs (que) en trente secondes, une vingtaine d'individus sont sortis des fourrés, très déterminés, et sont venus en découdre". Pour lui, le guet-apens ne fait aucun doute : "Par rapport à la brièveté et à la violence, je pense qu'il s'agissait d'une action concertée."
"On a subi de plein fouet cette agressivité, très rapidement, je me suis retrouvé à terre et, vous pouvez le voir même si ça a bien désenflé depuis, les personnes se sont déchaînées, se sont acharnées", résume-t-il. Il leur aura fallu attendre "quatre minutes à partir du début des faits" pour que, alertés par une riveraine ayant assisté à la scène de sa fenêtre, "des renforts de ma compagnie arrivent". "Des minutes pendant lesquelles on est seuls et frappés", résume le capitaine Aubriot.
Face à la violence d'une telle agression, il dit ne pas même éprouver de colère. "Il n'y avait aucune provocation de ma part, je faisais juste mon travail..." Et ce travail, malgré ce qu'il a subi, il ne l'abandonnera pas. Pas plus qu'il ne quittera la banlieue parisienne. "J'adore mon métier. Je l'exerce depuis près de 15 ans. J'ai hâte de retourner parmi les miens, dans mon unité, au service du public et au service de nos concitoyens." (D'après agence)
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