Une voiture au coeur des violences urbaines © LCIL'agression du 13 octobre à Epinay-sur-Seine avait donc bien été préparée mais surtout il s'agissait "d'une vengeance". Le procureur de Bobigny a non seulement confirmé samedi les affirmations des policiers et des habitants d'Epinay témoins de la scène selon lesquelles il s'agissait d'un guet-apens, lors duquel un policier avait été gravement blessé à la mâchoire, mais il a décrit le scénario : celui de représailles envers la Brigade anti-criminalité (BAC).
La trentaine de jeunes présents ce soir-là avait dessiné le scénario de l'agression du 13 octobre suite à l'interpellation mouvementée (un policier avait été légèrement blessé) pour trafic de résine de cannabis le 6 octobre d'un jeune de 19 ans dans la cité d'Orgemont, a affirmé le procureur de Bobigny.
Cinq jeunes écroués, un sous contrôle judiciaire, quatre libres
Plusieurs menaces aux policiers d'Epinay avaient même précédé le guet-apens : "Trois jours après l'interpellation du jeune Silamaka, des jeunes de la cité d'Orgemont s'étaient avancés vers une voiture de police pour leur dire ‘ça va faire très mal'. La veille du guet-apens, d'autres jeunes leur avaient dit ‘vous allez manger, il y aura des représailles'", a ainsi raconté le procureur. "Ces jeunes pensaient trouver ce jour-là un policier en particulier mais il n'était pas présent", a expliqué David Skuli, chef de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) qui affirme que deux jeunes ont reconnu leur participation à la préparation du guet-apens.
Cinq personnes âgées de 18 à 22 ans ont été présentées samedi au juge d'instruction et mis en mise en examen dans cette affaire pour "tentative de meurtre aggravée sur un fonctionnaire de police avec préméditation". Un chef d'inculpation pour lequel les auteurs risquent la perpétuité. Quatre d'entre eux ont été placés en détention, le cinquième ayant été laissé en liberté sous contrôle judiciaire.
Parmi eux, un jeune de 19 ans avait "déjà été interpellé une quinzaine de fois pour vols avec violence et trafic de stupéfiants". Les quatre autres jeunes qui avaient été interpellés jeudi dans la cité d'Orgemont ont été remis en liberté sans mise en examen.
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